Du Livre de la Genèse à Amoris Laetitia : une compilation chronologique de sources et de documents sur le mariage, l’adultère, et la Sainte Communion, avec quelques autres documents pertinents

Eugène Siberdt (1866-1931), Le Prophète Nathan réprimande le Roi David, détail.

Monsieur Andrew Guernsey a mis en ligne un document que Rorate Caeli propose à ses lecteurs, dans lequel sont rassemblés à la manière du Denzinger les sources et les documents de l’enseignement et de la discipline pérennes de l’Église sur le « remariage » et la question de l’accès à la Communion des adultères publics. C’est une compilation qui reprend les principales déclarations sur le sujet depuis l’aube de l’humanité jusqu’à notre époque.

Le document commence avec l’Ancien Testament, puis le Nouveau Testament, et continue ensuite chronologiquement avec les Pères de l’Église, les papes, les martyrs, les conciles, sur lesquels l’Église fonde sa doctrine immuable sur l’indissolubilité du mariage et sa norme pérenne d’exclusion des adultères de la Sainte Communion et du Sacrement de Pénitence, s’ils ne vivent pas en parfaite continence. Après l’Histoire de l’Église, le document répertorie aussi une chronologie d’interviews, d’homélies, et d’autres documents du pontificat du Pape François.

Pour consulter le document reprenant cette compilation chronologique de sources, cliquez sur l’image ci-dessous :

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D’autre part, une présentation en vis-à-vis de Familiaris Consortio et Amoris Laetitia sur les points dont l’interprétation fait débat est proposée par Infocatho dans un tableau synthétique réalisé par l’un de ses lecteurs. Ce tableau peut être consulté en cliquant sur l’image ci-dessous :

Tableau_Infocatho.png

Autres documents pertinents :

> Encyclique Veritatis Splendor (6 août 1993) : n. 56, 79, 81  [Allemand, Anglais, Espagnol, Français, Italien, Latin, Polonais, Portugais]

> Exhortation apostolique post-synodale Familiaris Consortio (22 novembre 1981) : n. 84
[Anglais, Espagnol, Français, Italien, Polonais, Portugais]

> Exhortation apostolique post-synodale Sacramentum Caritatis (22 février 2007) : n. 29
[Allemand, Anglais, Espagnol, Français, Italien, Latin, Néerlandais, Polonais, Portugais]

> Déclaration sur la communion pour les personnes divorcées et remariées (24 juin 2000)  [Allemand, Anglais, Espagnol, Français, Italien, Portugais]

> Mgr Tarcisio Bertone (Congrégation pour la Doctrine de la Foi) : À propos de la réception des documents du Magistère et du désaccord public

> Cardinal Joseph Ratzinger (Congrégation pour la Doctrine de la Foi) : Sur une application souple de l’indissolubilité du mariage

> Cardinal Joseph Ratzinger (Congrégation pour la Doctrine de la Foi) : À propos de quelques objections à la doctrine de l’Église concernant la réception de la Communion eucharistique de la part des fidèles divorcés remariés

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Mariage et « réforme ecclésiale » : une police de la pensée à l’Institut pontifical Jean-Paul II ?

L’Institut pontifical Jean-Paul II pour les études sur le mariage et la famille publie un « Vademecum pour une nouvelle pastorale familiale » édité par Ignatius Press, qui sera dans les librairies dès janvier 2017. Ce manuel écrit par trois éminents professeurs de l’Institut, José Granados, Stephan Kampowski et Juan-José Pérez-Soba, vise à clarifier un certain nombre de questions liées à la « pastorale de la famille » et aux controverses qui ont suivi la publication de l’exhortation Amoris Laetitia. L’ouvrage a déjà commencé à circuler parmi les évêques.

Fondé en 1981 par Jean-Paul II et par celui que le même Pape avait choisi pour en être le premier président, Carlo Caffara, à l’époque simple théologien et aujourd’hui l’un des quatre cardinaux auteurs des cinq ‘dubia’ pour la clarification de l’enseignement sur la morale conjugale et les sacrements, l’Institut a grandi et a essaimé dans le monde, avec une douzaine d’implantations sur les cinq continents, au service de l’enseignement de l’Église sur le mariage et la famille.

Mais étonnamment, aucun des professeurs de l’Institut n’a été invité à la première session du synode sur la famille en 2014 et un seul, le député José Granados, a reçu un créneau marginal lors de la deuxième session en 2015. À la mi-Août 2016, le Pape François a remplacé la majeure partie de la direction de l’Institut. Il a nommé comme nouveau grand-chancelier Mgr Vincenzo Paglia – le même qu’il a porté à la tête de l’Académie pontificale pour la vie – et comme nouveau doyen Mgr Pierangelo Sequeri.

Le président sortant, Livio Melina, un théologien respecté qui a travaillé sept ans sous la direction du Cardinal Joseph Ratzinger à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, continuera à enseigner à l’Institut Jean-Paul II. De même que les autres professeurs, certains d’entre eux de haute renommée, comme l’anthropologue polonais Stanislaw Grygiel et son épouse Monika, le philosophe du droit Francesco D’Agostino, le sociologue Sergio Belardinelli, le théologien et évêque Mgr Jean Laffitte, secrétaire sortant du Conseil pontifical pour la famille récemment dissout, et bien sûr les trois auteurs du «Vademecum» mentionné ci-dessus.

Cependant, il semblerait que leur travail et leur enseignement soit surveillé de près. C’est ce que suggère un avertissement anonyme aux airs de menace à peine voilée qui est parvenu par e-mail à chacun de ces professeurs. Voici reproduit textuellement ci-dessous le message reçu (en italien) le 10 novembre par chaque professeur de l’Institut.

 

Objet : Observation des études et de l’enseignement à l‘Institut pontifical Jean-Paul II d’études sur le mariage et la famille

 

Cher Professeur

Institut pontifical Jean-Paul II d’études sur le mariage et la famille

Université Pontificale du Latran

Cité du Vatican

 

Ainsi que cela a déjà été fait et que cela se fait encore pour d’autres institutions pastorales, académiques et culturelles catholiques, notre “Observatoire pour la Réalisation de la Réforme Ecclésiale du Pape François” (OARCPF) – une initiative d’un groupe de laïcs catholiques en soutien au pontificat du pape François – a commencé pendant l’année académique en cours la surveillance du contenu des publications de la faculté et de l’enseignement dispensé à l‘Institut pontifical Jean-Paul II d’études sur le mariage et la famille afin de mettre en évidence les adaptations ou les éventuelles divergences par rapport au discours prononcé par le pape François à l’occasion de l’ouverture de la nouvelle année académique de votre Institut (Salle Clémentine, le 28 octobre 2016), au cours duquel vous avez été appelés à “soutenir la nécessaire ouverture de l’intelligence de la foi au service de la sollicitude pastorale du Successeur de Pierre.”

Les contenus des travaux publiés et des cours dispensés seront particulièrement pris en considération en référence aux dispositions de l’Exhortation apostolique “Amoris laetitia”, selon l’image “de l’Église telle qu’elle est, non pas d’une Église pensée selon sa propre image et ressemblance”, orientant la recherche et l’enseignement non plus vers “un idéal théologique trop abstrait du mariage, construit de façon presque artificielle, loin de la situation concrète et des possibilités effectives des familles telles qu’elles sont” (Pape François, discours susmentionné, 28 octobre 2016).

À cette fin, nous ferons usage de la lecture analytique et critique des études publiées par les professeurs, des thèses de licence et de doctorat approuvées par l’Institut, des programmes de cours et de leurs bibliographies, ainsi que des entrevues avec les étudiants effectuées à la sortie des cours, sur la place en face de l’Université du Latran.

Certains que nous accomplissons une tâche utile pour améliorer le service que vous rendez avec dévouement à l’Église et au Saint-Père, nous veillerons à vous tenir informé des résultats de notre étude d’observation.

 

Observatoire pour la Réalisation de la Réforme Ecclésiale du Pape François (OARCPF) – Section de Rome

 

 

Une fois publiée, la lettre du fantomatique « Observatoire » a suscité de vives remous qui ont permis d’identifier ses auteurs, une poignée d’anciens étudiants, persuadés d’avoir œuvré de façon méritoire. Sans liens avec le Vatican, ni avec les nouveaux dirigeants de l’Institut qui ont même pris la chose très mal.

 

Sources : Sandro Magister et Rorate Caeli. Traduction : Espérance Nouvelle.

 

Note : Le message envoyé par ledit « Observatoire » date le discours du pape François au 28 octobre 2016. Ce discours a en réalité été prononcée le 27 octobre 2016.

 

Témoigner de la vérité et réaffirmer les principes moraux universels, une oeuvre de miséricorde en faveur du bien commun – Une conférence de François-Xavier Bellamy

Intervention de François-Xavier Bellamy au colloque Catholiques en action 2014 organisé par l’association Ichtus.

« I am the king’s true subject, and I pray for him and all the realm. I do none harm, I say none harm, I think none harm. »

Du film « A Man of All Seasons » (« Un homme pour l’éternité »), sorti en salles le 12 décembre 1966 sur la vie et la condamnation à mort de Saint Thomas More pour haute trahison.

« Soyez donc soumis à toute institution humaine à cause du Seigneur, soit au roi, comme souverain, soit aux gouverneurs, comme envoyés par lui pour faire justice des malfaiteurs et approuver les gens de bien : car c’est la volonté de Dieu que, en faisant le bien, vous fermiez la bouche aux insensés qui vous méconnaissent. Soyez soumis comme des hommes libres : non pas comme des hommes qui se font de la liberté un manteau pour couvrir leur malice, mais comme des serviteurs de Dieu. Rendez honneur à tous; aimez tous les frères; craignez Dieu ; honorez le roi. » (1 Pi 2, 13-17)

« Que tout homme soit soumis aux autorités supérieures; car il n’y a point d’autorité qui ne vienne de Dieu, et celles qui existent ont été instituées par lui. » (1 Co 13, 1)

« Les ayant amenés, il les firent comparaître devant le sanhédrin, et le grand prêtre les interrogea, disant :« Nous vous avions expressément défendu d’enseigner en ce nom, et voilà que vous avez rempli Jérusalem de votre enseignement, et que vous voulez faire retomber sur nous le sang de cet homme ! » Pierre et les apôtres répondirent : « Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes. » » (Ac 5, 27-29)

> « Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes » (Benoît XVI)

6 juillet, l’Eglise fête Sainte Maria Goretti, martyre de la pureté

MESSAGE DU PAPE JEAN PAUL II
À L’ÉVÊQUE D’ALBANO
À L’OCCASION DU CENTENAIRE DE LA MORT
DE SAINTE MARIA GORETTI


A mon Vénéré frère Mgr Agostino VALLINI
Evêque d’Albano

St JP II - reliques Ste Maria Goretti.jpg1. Il y a cent ans, le 6 juillet 1902, à l’hôpital de Nettuno, mourait Maria Goretti, sauvagement poignardée le jour précédent dans le petit village de Le Ferriere, dans l’Agro Pontino. En raison de son histoire spirituelle, de la force de sa foi, de sa capacité à pardonner son bourreau, elle figure parmi les saintes les plus aimées du XXème siècle. C’est donc de façon opportune que la Congrégation de la Passion de Jésus-Christ, à laquelle est confié le soin du Sanctuaire  dans  lequel  repose la dépouille mortelle de la sainte, a voulu célébrer cet événement avec une solennité particulière. […]

2. Maria Goretti, née à Corinaldo, dans les Marches, le 16 octobre 1890, dut très tôt prendre la route de Photograph_of_Saint_Maria_Goretti,_1902.jpgl’émigration avec sa famille, arrivant, après plusieurs étapes, à Le Ferriere di Conca, dans l’Agro Pontino. Malgré les problèmes liés à la pauvreté, qui ne lui permirent pas d’aller à l’école, la petite Marie vivait dans un milieu familial serein et uni, animé par la foi chrétienne, où les enfants se sentaient accueillis comme un don et étaient éduqués par  leurs  parents  au respect d’eux-mêmes et des autres, ainsi qu’au sens du devoir accompli par amour de Dieu. Cela permit à la petite fille de grandir de façon sereine en nourrissant en elle une foi simple, mais profonde. L’Eglise a toujours reconnu à la famille le rôle primordial et fondamental de lieu de sanctification pour ceux qui en font partie, à commencer par les enfants.

Dans ce contexte familial, Marie acquit une solide confiance dans l’amour providentiel de Dieu, une confiance qui s’est manifestée en particulier au moment de la mort de son père, frappé par la malaria. « Maman, ne perds pas courage, Dieu nous aidera« , disait la petite fille dans ces moments difficiles, réagissant avec force au profond vide laissé en elle par la mort de son père.

cd2bc7c1e3ee1c8986f6a38d850f56b1.jpg3. […] Quel exemple lumineux pour la jeunesse! La mentalité privée d’engagements, qui envahit une grande partie de la société et de la culture de notre temps, a parfois du mal à comprendre la beauté et la valeur de la chasteté. Il ressort du comportement de cette jeune sainte une perception élevée et noble de sa propre dignité et de celle d’autrui, qui se reflétait dans les choix quotidiens, en leur conférant pleinement leur sens humain. N’y a-t-il pas en tout cela une leçon d’une grande actualité? Face à une culture qui accorde trop d’importance à l’aspect physique de la relation entre homme et femme, l’Eglise continue à défendre et à promouvoir la valeur de la sexualité comme un élément qui touche chaque aspect de la personne et qui doit donc être vécu selon une attitude intérieure de liberté et de respect réciproque, à la lumière du dessein originel de Dieu. Dans cette perspective, la personne se découvre être à la fois la destinataire d’un don et appelée à devenir, à son tour, un don pour l’autre.

Dans la Lettre apostolique Novo millennio ineunte, j’observai que « dans la vision chrétienne du mariage, la relation entre un homme et une femme – relation réciproque et totale, unique et indissoluble – répond au dessein originel de Dieu, qui s’est obscurci dans l’histoire par la « dureté du coeur », mais que le Christ est venu restaurer dans sa splendeur originelle, en révélant ce que Dieu a voulu « depuis le commencement » (Mt 19, 8). Dans le mariage, élevé à la dignité de sacrement, est aussi exprimé le « grand mystère » de l’amour sponsal du Christ pour son Eglise (cf. Ep 5, 32) » (n. 47).

Il est indéniable que l’unité et la stabilité de la famille humaine doivent aujourd’hui faire face à de nombreuses menaces. Mais, heureusement, à côté de celles-ci, on constate une conscience renouvelée des droits des enfants à être élevés dans l’amour, protégés de tous les types de dangers et formés de façon à pouvoir, à leur tour, affronter la vie avec force et confiance.

[…]

Du Vatican, le 6 juillet 2002

« Regardez-la, surtout vous les adolescents, vous les jeunes. Soyez, comme elle,

capables de défendre la pureté du cœur et du corps ; efforcez-vous de lutter contre le mal

et le péché, en alimentant votre communion avec le Seigneur par la prière, l’exercice quotidien

de la mortification et la scrupuleuse observance des commandements. N’ayez pas peur d’aller

à contre-courant, de rejeter les idoles du monde, lorsqu’il s’agit de témoigner par une

conduite courageuse, de l’adhésion au Christ chaste et pauvre.

Sachez toujours valoriser et aimer la pureté et la virginité. »

 

Saint Jean-Paul II, le 29 septembre 1991

 « Elle est le fruit mûr d’une famille où l’on a prié tous les jours, où les enfants furent élevés dans la crainte du Seigneur, l’obéissance aux parents, la sincérité et la pudeur, où ils furent habitués à se contenter de peu, toujours disposés à aider aux travaux des champs et à la maison, où les conditions naturelles de vie et l’atmosphère religieuse qui les entouraient les aidaient puissamment à s’unir à Dieu et à croître en vertu. Elle n’était ni ignorante, ni insensible, ni froide, mais elle avait la force d’âme des vierges et des martyrs, cette force d’âme qui est à la fois la protection et le fruit de la virginité. »

Pie XII, le 24 avril 1950

> Vie de Sainte Maria Goretti