Entretien avec l’auteur de « L’éveil de Mademoiselle Prim », Natalia Sanmartín Fenollera

liberté scolaire,natalia sanmartín fenollera,modernité,tradition et modernité,école à la maison,homeschooling,école libre, traductions, féminisme            liberté scolaire,natalia sanmartín fenollera,modernité,tradition et modernité,école à la maison,homeschooling,école libre, traductions, féminisme

Extraits :

0 ‘ 48 ‘ ‘ : « Petite, je voulais être bibliothécaire. Parce que j’aimais beaucoup lire. Plus qu’écrire, j’aimais lire. »

1 ‘ 41 ‘ ‘ : « Je voulais parler de la vérité, du bien et de la beauté. Et il m’a semblé qu’utiliser une prose poétique, une histoire, un conte, était la meilleure manière de le faire. »

06 ‘ 07 ‘ ‘ : « Oui, de fait, voyons. Je crois qu’il n’est pas nécessaire de théoriser là-dessus. On voit bien comment la génération précédente a été éduquée, les parents, les grands-parents, comment les enfants sont éduqués aujourd’hui. Et les énormes carences, et la rigidité des systèmes d’étude. Et je suis arrivée à la conclusion qu’il y a un problème très grave avec l’éducation. Et probablement, le premier problème, c’est que nous l’avons déléguée à des institutions dont on suppose qu’elles devraient co-éduquer, aider l’éducation qui doit se donner à la maison, et elles sont devenues des endroits où on envoie les enfants pour se faire déséduquer par toutes sortes de choses. Les programmes d’étude sont trop rigides. On donne la primauté aux technologies, aux médias, au lieu du contenu. On apprend très peu de choses. En général, celles qu’on apprend sont assez inutiles. On n’apprend pas aux enfants à aimer la lecture. Parmi ceux qui aiment la lecture, très peu d’entre nous l’aimons parce que nous avons appris [à l’aimer] à l’école. À l’école, on te fait apprendre des choses sur des auteurs, certains t’intéressent, d’autres pas, en général tu ne les lis pas trop, et si tu les lis tu dois faire un travail et tu cherches un résumé du livre. Alors je crois que l’éducation commence à la maison, elle commence tout petit, elle commence avec l’émerveillement, et par conséquent elle ne peut pas être orientée uniquement vers le succès professionnel dans cinq ou dix ans, cela vient après. Alors, dans ‘L’éveil de Mademoiselle Prim’, ils ont décidé que le monde n’éduque pas leurs enfants mieux qu’eux-mêmes, et alors ils éduquent leurs enfants à la maison, et ils les éduquent en communauté. »

9 ‘ 11 ‘ ‘ : « Il y a eu une époque où il n’y avait pas tant d’écoles formelles et obligatoires, dans le sens d’obligatoires, pas qu’il n’y en eût pas. Et les gens continuaient à penser, continuaient à apprendre, et continuaient à lire. À Saint-Irénée d’Arnois, ils ont ce système. Mais je crois que simplement… Moi je défends l’idée de la liberté, que les parents puissent choisir la manière d’éduquer leurs enfants. Certains vont les éduquer à la maison, d’autres pas. D’autres voudront une école de tel profil, d’autres… Ce qui pour moi s’avère asphyxiant, ce sont les programmes d’étude, et le fait qu’il faille se plier à une série de critères, ou donner un programme. Que ce soit une école publique ou privée ou semi-privée, il y a une série de choses que tous doivent apprendre, et ça me paraît asphyxiant, et je me rebelle contre ça. »

10 ‘ 00 ‘ ‘ : « Saint-Irénée est un conte. L’histoire n’est pas un roman réaliste. Ce n’est pas du réalisme. Alors on ne peut pas le considérer comme si c’était un village réel. »

10 ‘ 32 ‘ ‘ : « Mais l’idée d’un petit village dans lequel les gens se connaissent, le visage, les noms, dans lequel tout le monde sache quelque chose des autres, que les relations soient plus proches, qu’il y ait une certaine courtoisie ou discourtoisie de voisinage, mais qu’on ne soit pas enfoui dans la grande masse anonyme des villes, cela existe, existe maintenant, et surtout c’est le type de communauté ou de société sur laquelle s’est levée l’Europe. Un petit village autour d’un poumon spirituel, qui dans le roman est un monastère, et là [dans ce village] on achète, on vend, les personnes établissent des relations, et on vit à une échelle plus petite et à une échelle plus humaine. Maintenant, pas tout le monde dans les petit villages est aussi cultivé que les irénites, pas tout le monde a ces conversations si profondes, parce que c’est un conte. C’est un conte pour parler de différentes choses, et les contes ont la vertu de nous permettre de mettre de l’emphase sur certaines choses et sur d’autres non, changer de point de vue… Ce n’est pas réaliste. »

11 ‘ 52 ‘ ‘ : « Il n’existe pas d’endroit comme celui du roman, non. Est-ce qu’il existe des endroits petits, où on ne doit pas s’engouffrer dans un embouteillage, dans un transport public, pendant trois heures, et où on peut regarder ses enfants jouer dans la rue ? Oui, il y en a. Ils ont toujours existé, et ils existent encore. »

 

Rapporté par The Wanderer, Argentine. Transcription et traduction par Espérance Nouvelle.

En français :

> Le carnet de Myriam Thibault : « L’Éveil de Mademoiselle Prim » de Natalia Sanmartin Fenollera

> Grasset : L’éveil de mademoiselle Prim

> Fnac : L’éveil de mademoiselle Prim

> Amazon : L’Éveil de mademoiselle Prim (format poche)

> La Procure : L’éveil de mademoiselle Prim

En Español :

> The Wanderer, Argentina : La señorita Prim

> The Wanderer, Argentina : « No somos como ellos », por Natalia Sanmartín Fenollera

> Cosas que me hacen feliz : El despertar de la señorita Prim

In English :

> The Imaginative Conservative : “The Awakening of Miss Prim”, A Breath of Fresh Sanity

 

Entretien avec Jean Sévillia : le politiquement correct est toujours à l’œuvre

Propos recueillis par Philippe Maxence le 02 décembre 2016

Jean Sévillia viens de rééditer sous le titre Écrits historiques de combat ses trois principaux essais : Historiquement correct, Moralement correct et Le Terrorisme intellectuel. Il revient pour nous sur ce combat des idées.

Vous venez de rééditer sous le titre Écrits historiques de combat vos trois principaux essais consacrés au décorticage de la pensée dominante. Naguère, la Pléiade avait publié les « écrits de combat » de Bernanos. Faut-il y voir un hasard ou une filiation ?

Jean Sévillia : C’est mon éditeur qui m’a proposé ce titre de Écrits historiques de combat, proposition que j’ai acceptée. Il est vrai que la formule rappelle celle des Essais et écrits de combat de Bernanos publiés dans la Pléiade. Ce n’est pas un hasard puisqu’on classera celui-ci dans la catégorie des essayistes catholiques, catégorie à laquelle je puis être assimilé. Mais à la vérité, la pensée politique de Bernanos est un peu fluctuante, et son registre pamphlétaire n’est pas le mien. Chez Bernanos, j’admire plus le style en général – c’est un admirable écrivain – et les romans, qui nous emmènent toujours dans l’affrontement saisissant du péché et de la grâce. Si je voulais m’inscrire dans une filiation, ce serait plutôt dans celle de Jacques Bainville qui était un historien-journaliste, ce que je tente modestement d’être, et qui par ailleurs écrivait admirablement. Mais l’agnosticisme de Bainville a pour conséquence regrettable qu’il manque une dimension chrétienne dans ses livres, outre que ses sources historiques sont parfois dépassées. L’idéal serait d’avoir la méthode de Bainville, la foi de Bernanos et autant de style qu’eux deux. Mais je n’ai pas cette prétention : je me contente d’être moi-même, tout en essayant de m’améliorer…

Même si vous admettez comme leurs adversaires que les « néoréacs » se font de plus en plus entendre, vous estimez pourtant que « l’orientation et les conditions du débat d’idées, en France, ne sont pas substantiellement modifiées ». Pensez-vous réellement que le « sinistrisme » mis en évidence par Albert Thibaudet sous la IIIe République est encore vraiment à l’œuvre ?

Il faut distinguer deux niveaux. Pour ce qui est de la production d’idées et du positionnement idéologique et politique des intellectuels de premier plan, il est vrai que la gauche a perdu l’hégémonie qu’elle exerçait dans ce domaine. Si l’on considère, par exemple parmi les philosophes, ceux dont les livres remportent de vrais succès de librairie, on trouve Alain Finkielkraut, qui était de gauche il y a trente ans mais qui passe aujourd’hui pour réactionnaire, Michel Onfray, qui est malheureusement athée et qui continue de se dire de gauche alors que toute sa pensée va à l’encontre des principes de la gauche, ou Fabrice Hadjadj ou François-Xavier Bellamy, qui sont des catholiques de droite. Je ne prétends certes pas qu’il n’y a plus de philosophes de gauche, mais ils se taisent ou ne sont plus écoutés. Mais quand ils publient un livre, Alain Finkielkraut ou Michel Onfray, pour n’évoquer qu’eux, subissent un tir de barrage médiatique qui vise à déconsidérer leur personne et à délégitimer leurs propos parce qu’ils vont à contre-courant du politiquement correct. Et c’est ici que nous trouvons le deuxième niveau qui me fait dire que les conditions du débat d’idées ne se sont pas substantiellement modifiées en France depuis trente ans. Car le monde médiatique, tout comme le monde de l’enseignement, sont deux secteurs de la société française qui sont massivement orientés politiquement, et où l’hégémonie de la gauche n’a pas reculé d’un centimètre. Or tous les Français passent par l’école, le collège, le lycée ou l’université, et tous regardent la télévision et écoutent la radio. L’enseignement et les médias restent par conséquent deux filtres idéologiques dont l’influence est énorme sur le commun des mortels, même si les autres y échappent par les écoles entièrement libres et les médias alternatifs.

Qu’est-ce qui caractérise cette hégémonie de la gauche ?

> Lire la suite

 

Jean Sévillia, Écrits historiques de combat (Historiquement correct, Moralement correct, Le Terrorisme intellectuel, avec une préface inédite, une bibliographie actualisée et un index des noms propres), Perrin, 840 p., 25 €.

9782262066635

Gabriel García Moreno, un homme d’État chrétien exemplaire

À l’approche de la Noël, les Éditions Clovis ont eu la bonne idée de mener à bien la réédition d’une biographie ancienne, abondamment citée et souvent mentionnée, mais devenue extrêmement difficile à trouver à l’état de livre d’occasion. Nous pensons naturellement au chef-d’œuvre de littérature chrétienne et historique du révérend père rédemptoriste et professeur de rhétorique Augustin Berthe : Gabriel García Moreno [1]. Au moment d’entrer dans le vase clos d’une nouvelle course présidentielle tout sauf haletante, ce sera un bon moyen de faire apparaître au grand jour, par contraste, la nullité des gouvernements républicains de France… Peut-être cet ouvrage donnera-t-il envie à certains de s’engager pour le bien commun et la Cité, en évitant de se soumettre à des systèmes aussi éculés que pervers ?

On connaît volontiers quelques grandes lignes de la vie du président équatorien qui consacra son pays au Sacré-Cœur de Jésus ; l’essentiel sans doute. Mais le lecteur, à moins d’avoir déjà étudié le sujet, sera probablement étonné par tout ce qu’il apprendra, et notamment sur l’importance du personnage et de ses qualités hors normes.

Cet homme d’État apprécié du bienheureux Pie IX est né le 24 décembre 1821 dans une grande famille. Son père était un individu distingué, né en Espagne où il fut secrétaire du roi Charles III, avant de courir l’aventure aux Amériques en 1793 – dans le port équatorien de Guayaquil très précisément, qui serait le foyer du radicalisme équatorien. Il y épouse la fille d’une notabilité locale, dans la parenté de laquelle on compterait un archevêque et cardinal. Le couple est résolument royaliste, au point de ne pas prendre favorablement part aux luttes d’indépendance, alors qu’on nous dit souvent que celles-ci se seraient déclenchées par souci d’intégrité contre la tutelle de Napoléon imposée à l’Espagne – à défaut de pouvoir l’être à ses possessions territoriales. Ne décorant pas sa maison pour les fêtes de l’indépendance, le couple s’exposa de bon cœur aux amendes (fraternelles, s’entend…).

Le Gabriel enfant, qui devait produire un homme si fort, se montrait paradoxalement « timide et craintif à l’excès [2] ». Il croît dans une grande instabilité politique continentale, puisqu’à l’âge de neuf ans il a déjà connu quatre nationalités successives : colombienne, de la république indépendante de Guayaquil (1827), péruvienne, puis équatorienne (1830). Malheureusement, les revers de fortune de la famille sont considérables, à cause de la mort prématurée du pater familias, et l’on n’aura guère de quoi trouver une situation au dernier-né : Gabriel. Cependant, la Providence veille : le père Betancourt, du proche couvent Notre-Dame-de-la-Merci, s’offre diligemment à sa mère pour dispenser des leçons de grammaire au petit.

> Lire la suite

[1BERTHE (R.P. Augustin), Gabriel García Moreno. Le hérdémocros martyr, Suresnes, Clovis, 2016, 432 p., 22 €. La première édition date de 1890.

[2Ibid., p. 16.

« La foi catholique » ou « Le Dumeige »

  • ISBN : 9782703110682
  • Titre : La foi catholique
  • Auteur : DUMEIGE (Gervais)
  • Editeur : ORANTE
  • Nb Pages : 560
  • Présentation : Broché
  • Epaisseur : 29
  • Largeur : 140
  • Hauteur : 190
  • Poids : 0.70Kg

Sommaire de l’ouvrage

Introduction (VII)

Avertissement (XVI)

Sigles (XVI)

I. Symboles et professions de foi (1)

II. La connaissance religieuse et la Révélation (31)

III. La Tradition et l’Écriture (69)

IV. Le mystère du Dieu Trinité (111)

V. La Création (125)

VI. Justice et péché originels (159)

VII. Jésus-Christ, Fils de Dieu, Sauveur (177)

VIII. Marie (221)

IX. L’Église (237)

X. La grâce (325)

XI. Les sacrements (369)

XII. Les fins dernières de l’homme (503)

Table chronologique des documents (519)

Table des références bibliques (524)

Concordance entre l’ « Enchidrion symbolorum » et « La foi catholique » (529)

Liste des premiers numéros de « La foi catholique » modifiés ou supprimés dans l’édition de 1969 et les éditions ultérieures  (535)

Index analytique et onomastique (index alphabétique) (537)

Table des matières (547)

> Chiré – DPF : « La foi catholique »

> Fnac : « La foi catholique »

> Amazon : « La foi catholique »

Le nouveau livre du Cardinal Sarah : « La force du silence. Contre la dictature du bruit »

Rédigé par Philippe Maxence le 06 octobre 2016 dans Éditorial

La force du silence.jpgUn an après la publication de Dieu ou rien qui l’a fait connaître du grand public, le cardinal Robert Sarah publie un deuxième ouvrage de ce type. À nouveau, il s’agit d’entretiens avec l’écrivain Nicolas Diat, mais aussi, dans un chapitre surpre­nant et qui contient en lui quel­que chose d’inédit, d’un livre à trois voix puisque s’y ajoute celle de Dom Dys­mas de Lassus, le ministre général du monastère de la Grande Chartreuse, un ordre monastique voué au silence.

Le silence est justement le thème qui traverse tout ce livre et, en lui-même, il s’agit bien d’un évènement. Quoi de plus humble pourtant qu’un tel sujet ? Quoi de moins actif (au moins, en apparence) que le silence, et donc de plus éloigné des besoins du jour, des causes urgentes, des plans d’action à mettre en œuvre, des décisions à prendre, des avis à donner, des commentaires à apporter, des précisions et ajustements à faire ?

Oui, répond en quelque sorte l’auteur. Tout cela est certainement important et, même, dans une certaine mesure, vraiment urgent. Mais tout cela sera vain si nous ne retournons pas à la racine de ce qui est nécessaire pour retrouver Dieu et, partant, pour accomplir ensuite tout ce qu’Il attend de nous.

On trouve là, bien sûr, un écho lointain des vieux débats sur la contemplation et sur l’action, les vertus passives et les vertus actives, le spirituel et le temporel. Mais ces débats anciens s’effectuaient dans le cadre de la chrétienté ou, tout du moins, dans un climat resté chrétien. La situation dans laquelle nous sommes plongés nous oblige à un retour beaucoup plus radical. Ici, plus de débats, de précisions théologiques ou de préféren­ces spirituelles. C’est Dieu lui-même qu’il faut retrouver. C’est à Dieu qu’il faut faire à nouveau une place. Où le retrouver ? Dans le silence ! Comment lui faire une place ? En rétablissant le silence !

Un double mouvement

Tout au long de ce livre d’entretiens, il est donc constamment souligné que le silence n’est pas simplement une absence de bruit, ou qu’il débouche sur un vide tel que les spiritualités asiatiques le proposent. S’il exige de se taire, de contrôler les mouvements intérieurs de son imagination, le silence obéit à un double mouvement : se mettre en état d’accueillir et permettre à Dieu de se rendre présent à l’âme.

Un même double mouvement se retrouve dans le titre donné à ce nouveau livre : La force du silence. Contre la dictature du bruit. En lui-même, le silence contient donc quelque chose de positif et d’actif qui lui donne une force singulière. Mais il répond également à une violence permanente à laquelle nous sommes soumis constamment et contre laquelle le cardinal Sarah s’élève avec force. Cette « dictature du bruit », mal des sociétés contemporaines selon l’auteur, exige une véritable lutte. « Il est vital, explique ainsi le cardinal, de nous retirer au désert pour combattre la dictature d’un monde rempli d’idoles qui se gave de technique et de biens matériels, un monde dominé et manipulé par les médias, un monde qui fuit Dieu en se réfugiant dans le bruit. » (n. 103) Le programme est tracé et il est tracé clairement. Sans faux-fuyant, sans langue de buis et de contorsion mondaine.

À ce double mouvement du titre répond l’organisation même des chapitres du livre. Si le silence est abordé d’abord dans son opposition au bruit du monde (« Le silence contre le bruit du monde »), le silence divin est ensuite spécifié (« Dieu ne parle pas, mais sa voix est distincte ») avant que soient caractérisés les liens entre le silence et le sacré (« Le silence, le mystère et le sacré ») ou la place du silence face à ce grand mystère qu’est l’existence du mal (« Le silence de Dieu face au déchaînement du mal ») avant le trilogue qui s’est déroulé à la Grande Chartreuse et qui offre un superbe condensé de la place et du rôle du silence (« Comme un cri dans le désert – La rencontre de la Grande Chartreuse »).

Devant l’amplitude des thèmes abordés et, par moments, la fermeté du ton, on hésite quelque peu. S’agit-il d’un livre de spiritualité ? D’un livre de combat ? Très clairement, le cardinal Sarah offre au lecteur contemporain un livre de combat spirituel dans lequel il parle avec force et netteté en faveur de l’indispensable et de l’incontournable préalable à toute restauration de l’Église et de la société.

Une vaste conspiration

Dans La France contre les robots, livre magnifique et prémonitoire, Bernanos avait déjà tracé l’exact contour de la situation : « On ne comprend rien à la civilisation moderne si l’on n’admet pas d’abord qu’elle est une conspiration universelle contre toute espèce de vie intérieure. » Ailleurs, dans le même livre, il précisait : « Dans sa lutte plus ou moins sournoise contre la vie intérieure, la civilisation des machines ne s’inspire, directement du moins, d’aucun plan idéologique, elle défend son principe essentiel, qui est celui de la primauté de l’action ». Et de fait, deux principes essentiels s’opposent et se livrent un combat sans merci au cœur même de l’homme et de la société. D’un côté, le monde moderne qui exalte entièrement la primauté de l’action et de l’autre, le christianisme qui s’appuie sur la primauté de la contemplation.

À plusieurs reprises, dans un langage viril dont nous avons été déshabitués à l’intérieur de l’Église, le cardinal Sarah souligne les conséquences de cet antagonisme. Par exemple : « le monde moderne transforme celui qui écoute en un être inférieur. Avec une funeste arrogance, la modernité exalte l’homme ivre d’images et de slogans bruyants, tuant l’homme intérieur. » (n. 26) Ailleurs, il écrit : « Dans les prisons lumineuses du monde moderne, l’homme s’éloigne de lui-même et de Dieu. Il est rivé à l’éphémère, de plus en plus loin de l’essentiel. » (n. 45)

Retour à l’essentiel

Depuis longtemps, un tel langage nous était devenu inconnu. S’il explique et développe au plan personnel, ecclésial et social l’importance et la nécessité du silence, ce livre entend nous ramener à l’essentiel. À Dieu lui-même, qui ne peut se rencontrer dans n’importe quelles conditions, et certainement pas dans une société qui amplifie constamment le bruit pour étouffer l’âme. Il faut le lire et le méditer et cette lecture et cette méditation seront d’autant plus facilitées que les réponses du cardinal Sarah sont numérotées comme autant de pensées dans lesquelles puiser. Le silence intérieur, le silence de l’oraison, le silence liturgique, le silence comme écrin de l’âme humaine, sont des biens à reconquérir et non des utopies sur lesquelles disserter. Nous, chrétiens, nous avons ce trésor à nous réapproprier. Un cardinal ouvre la voie ; à nous de creuser le sillon et de le rendre mille fois fécond.

Source : L’homme nouveau

Sommaire du n° 1623

Je commande ce numéro

> Famille Chrétienne : La force du silence

> Famille Chrétienne : « N’ayons pas peur de faire silence »

Révolution française: un ouvrage sur la déportation des Basques

6a00d83451619c69e201b7c87791e9970bIl n’y a pas que la Vendée qui a souffert de populicide (terme utilisé par le révolutionnaire Gracchus Babeuf dans son pamphlet « Du système de dépopulation… ») sous la Révolution. Peu d’ouvrages ont été consacrés à la déportation des Basques du Labourd et des confins bas-navarrais en ce tragique mois de février 1794. Des archives disparues dans des incendies ou des traces effacées intentionnellement n’ont laissé subsister que des mémoires conservées dans certaines familles et des inscriptions recueillies au XIXe siècle par quelques chercheurs courageux sur les tombes dans les cimetières encore intacts jalonnant le chemin de croix des déportés.

Par un froid intense, leur long cortège s’étira jusque des contrées éloignées – au Cantal et en Lauraguais – accompagné de charrettes où l’on avait jeté pêle-mêle ceux qui ne pouvaient marcher par eux-mêmes : vieillards, femmes en train d’accoucher, enfants en bas-âge et grabataires. Soumis à des travaux forcés, publics ou chez les particuliers, les rares survivants ne furent autorisés à rentrer au Pays Basque que huit mois plus tard, pour trouver leurs maisons dévastées, pillées et brûlées, la terre en friche ou les récoltes volées, les bourgs vidés de leur population. La ruine était totale. Elle provoqua un appauvrissement dans le pays, cause d’émigration de générations de jeunes basques, une décadence de l’esprit civique et, partant, une atonie dans la vie politique au XIXe siècle.

Alexandre de la cerda tente de réparer cette injustice en publiant un ouvrage intitulé « La déportation des Basques sous la Terreur« . Homme de Lettres et journaliste, membre de l’Académie des Jeux Floraux, lauréat de l’Académie française, du Prix « Renaissance des Arts », du Prix d’Honneur de la culture basque décerné par la Ville de Bayonne et la Société d’Études basques « Eusko Ikaskuntza » ainsi que du Prix Biltzar des écrivains du Pays Basque, Alexandre de La Cerda a créé la première station régionale basque et gasconne « Radio Adour Navarre ».  Directeur de la rédaction  de « La Semaine du Pays Basque » et collaborateur de France Bleu Pays Basque (Radio France), il est l’auteur de nombreux ouvrages consacrés à l’histoire et à la culture de la région.

Source: Le Salon Beige – « La déportation des Basques sous la Terreur »

Gabrielle Cluzel : « Le féminisme menace la femme »

Gabrielle Cluzel est journaliste et rédactrice en chef du site Boulevard Voltaire, elle écrit également dans les revues Monde et Vie et Famille Chrétienne. Dans son ouvrage Adieu Simone ! Les dernières heures du féminisme, elle adresse une vive critique aux tenants de cette idéologie et explique sa décomposition imminente. Avec un ton incisif et percutant elle met les militants féministes face à leurs contradictions : GPA, idéologie du genre ou encore libération sexuelle et islam, son ouvrage donne une vue d’ensemble des paradoxes qui secouent le féminisme.

Source : GABRIELLE CLUZEL : “LES DERNIÈRES HEURES DU FÉMINISME”

 

féminisme, livres

Adieu Simone !

Les dernières heures du féminisme.

« Je n’ai pas la prétention de faire une analyse du féminisme depuis des siècles à travers le monde. De remonter à l’âge de pierre pour étudier la condition de la femme dans les grottes préhistoriques. Je veux seulement évoquer ce que je connais. Ce féminisme en mini-jupe, mutin comme une parisienne de Kiraz, que l’on trouvait sur les barricades de mai 68, devenu ce féminisme imposant et tyrannique, aux allures de rombière de Faisant, que l’on trouve à présent sur les ruines de mai 68. Une rombière acariâtre et autoritaire avec sa moitié, l’homme occidental, faible et maigrelet, qu’elle morigène toute la sainte journée et fait avancer tête baissée… mais une rombière laxiste, aveugle, et masochiste avec les enfants qu’en couchant avec l’amant de toujours, la gauche, elle a engendrés et réchauffés dans son sein : libération sexuelle, laxisme judiciaire et islam impérieux. » 

Gabrielle Cluzel – Éditions Le Centurion

11,90 €

> Lire des extraits

 

Chant grégorien: partitions, traductions, enregistrements, calendriers, et ressources diverses

Nous vous proposons ici un petit annuaire de ressources gratuites en ligne pour la pratique du chant grégorien, principalement les textes, les partitions, des traductions et des enregistrements. Si vous avez connaissance de ressources qui ne sont pas reprises ici, nous vous serions reconnaissants de nous en faire part en commentaire.
 
Gregorian Chant Hymns
PARTITIONS – TRADUCTIONS – AUDIOS – Resources to promote learning of Gregorian chant
Ce site développé par la Schola Sainte-Scholastique de Londres met à la libre disposition du public, pour un usage non commercial, des partitions, des traductions en anglais, et des enregistrements à télécharger gratuitement ou à écouter directement sur le site, afin d’inviter et aider les utilisateurs à apprendre le chant grégorien. Il présente une table alphabétique des hymnes, plusieurs livrets pour la Messe et les Bénédictions du Saint-Sacrement pour l’ancienne et la nouvelle liturgie, des livrets pour l’Office divin, et un guide sur la notation grégorienne et la prononciation latine.
 
Chant grégorien
CALENDRIER – PARTITIONS – TRADUCTIONS – AUDIOS – Calendrier liturgique perpétuel
Il s’agit d’un calendrier liturgique perpétuel pour la liturgie traditionnelle assorti des textes et traductions des pièces grégoriennes de chaque jour et de quelques enregistrements à écouter en ligne. Pour accéder à ces ressources, il faut sélectionner la date recherchée sur le calendrier affiché, de préférence les dates affichées en rouges qui sont les plus importantes et les plus complètes, et la liste des ressources disponibles pour cette date s’affiche automatiquement sous le calendrier. On clique alors sur le titre d’une pièce grégorienne pour en voir le texte et la traduction, sur l’icône rouge et noire représentant une notation carrée pour afficher la partition sous le texte et la traduction, et s’il apparaît, sur le bouton vert à triangle blanc pour écouter l’enregistrement de la pièce grégorienne chantée. Pour accéder aux pièces grégoriennes d’une Messe de mariage, d’une Messe de requiem ou d’autres Messes votives, il faut sélectionner la date recherchée sur le calendrier puis cliquer sur le nom de la Messe votive dans le menu de droite: la liste des ressources disponibles s’affiche alors sous le calendrier.
 
Grégorien en Paroisse
CALENDRIER – AUDIOS – PARTITIONS – TRADUCTIONS – Chanter le grégorien en paroisse
Le site Grégorien en Paroisse a été créé par des choeurs grégoriens français pour promouvoir la pratique du chant grégorien dans les paroisses où l’on célèbre la liturgie selon la forme ordinaire moderne. Le menu principal en haut de la page permet d’accéder aux différents temps liturgiques. Une fois le temps liturgique sélectionné, les liens et les numéros de pages disposés tout en bas de la page permettent de choisir un jour particulier. Les enregistrements des pièces grégoriennes du jour s’affichent pour une écoute en ligne. Il est également possible de les télécharger en faisant un clic droit sur le lecteur puis en sélectionnant « enregistrer le fichier audio sous ». Sous le lecteur de chaque enregistrement se trouve un lien (« ici>>> ») qui donne accès à la partition et à la traduction française de la pièce grégorienne. Un catalogue de livrets liturgiques à télécharger est également mis à disposition.

Stephan George
VIDÉOS – PARTITIONS – Les vidéos de Stephan George
Stephan George a réalisé 260 vidéos dans lesquelles la notation grégorienne qui défile à l’écran est synchronisée avec l’enregistrement du chant. Les références des enregistrement sont données dans la description de chaque vidéo.

Internet Archive
PARTITIONS – Liber Usualis 1961
Le Liber Usualis de 1961 édité par les Bénédictins de Solesmes, avec introduction et rubriques en anglais, 2340 pages, avec table des matières en début de volume, et en fin de volume, table alphabétique des chants, table alphabétique pour les bénédictions, table alphabétique des fêtes, supplément pour certaines congrégations religieuses, fêtes propres pour les diocèses des États-Unis, et tables alphabétiques des chants et des fêtes propres pour les diocèses des États-Unis.
PARTITIONS – Liber Usualis Missae et Officii pro dominicis et festis duplicibus cum canto gregoriano
Liber Usualis numéro 567 de 1903, Editio Solesmensis, édition universelle entièrement en latin, 1286 pages, avec table générale et tables thématiques en fin de volume.
PARTITIONS – Libri antiphonarii complementum pro laudibus et horis officii romani
Liber Antiphonarium juxta ritum romanum pro laudibus et horis minoribus de 1891, Solesmis, édition universelle en latin, 556 pages, avec table des matières, table alphabétique des fêtes et table alphabétique des chants en fin de volume.
PARTITIONS – A manual of Gregorian chant compiled from the Solesmes books and from ancient manuscripts
A manual of Gregorian chant, par Dom Paul Delatte, Abbé de Solesmes, 1903, 456 pages, avec table des matières, introduction à la notation et au rythme du chant grégorien, l’ordinaire de la Messe avec paraphrases ou traductions en anglais reprises de celles de Dom Guéranger, chants en notation grégorienne, et table alphabétique des chants.
PARTITIONS – Graduel romain contenant les messes, les processions, les bénédictions et les obsèques
Graduel romain de 1871 pour le diocèse de Québec, 642 pages, avec table des matières en fin de volume.
MANUEL – Méthode complète de chant grégorien d’après les principes de l’École de Solesmes [réédité en anglais en 2009]
MANUEL – Méthode pratique de chant grégorien selon les principes de l’édition Vaticane – 1922 [1919]
Ces manuels sont à consulter éventuellement à titre complémentaire pour les personnes qui ont déjà une pratique régulière et une formation en chant grégorien. Essayer d’apprendre le chant grégorien avec ces manuels risquerait de s’avérer rébarbatif et peu fructueux. Il vaut mieux suivre un cours, ou intégrer une schola grégorienne, ou encore prendre contact avec une paroisse ou un monastère pratiquant le chant grégorien.

Sancta Missa
PARTITIONS – TRADUCTIONS – AUDIOS – Sancta Missa chant grégorien
Dans la section consacrée à la musique sacrée sur leur site liturgique, les chanoines réguliers de Saint-Jean-de-Kenty offrent un recueil de livres et documents numériques de chant grégorien, comprenant notamment une sélection de chants avec notations grégoriennes et traductions en anglais, et un inventaire de pièces grégoriennes pour toute l’année liturgique avec partitions et enregistrements, actuellement accessible seulement par la page anglophone.
 
Académie de chant grégorien
TEXTES – TRADUCTIONS – PARTITIONS – Répertoire grégorien
Le Répertoire de l’Académie de chant grégorien propose des textes et plusieurs traductions françaises de pièces grégoriennes présentées par ordre alphabétique des titres ou incipit, des genres, ou des livres de la Bible, ainsi que des partitions présentées par ordre alphabétique des titres ou des genres : les partitions sont accessibles à travers les liens en bleu dans la colonne de droite.
 
Christus Rex et Redemptor Mundi
PARTITIONS – AUDIOS – Christus Rex chant grégorien
La page de chant grégorien sur Christus Rex et Redemptor Mundi existe en anglais, en espagnol, en français, en portugais, en italien et en latin. Elle rassemble des enregistrements de chant grégorien à télécharger gratuitement ou à écouter en ligne, accompagnés des partitions correspondantes.
 
Schola Saint-Maur
PARTITIONS – Ressources pour les partitions de chant grégorien
Dans un article publié en 2009, la schola Saint-Maur fait un inventaire des ressources disponibles pour les partitions de chant grégorien et donne des explications utiles pour s’y retrouver. Les ressources techniques peuvent être intéressantes aussi.

Institute of Christ the King Sovereign Priest
PARTITIONS – CALENDRIER – Sacred Music Library of Gregorian Chant Propers

Gregorian books
PARTITIONS – AUDIOS – VIDEOS – Pieces with comments and recordings from various sources

L’Office divin du Barroux
AUDIOS – TEXTES – Barroux chant
La page Barroux chant contient les enregistrements des offices monastiques diffusés en direct sur le site internet de l’Abbaye Sainte-Madeleine du Barroux. L’on peut sélectionner une date sur la barre de navigation tout en haut de la page. Pour télécharger un office, on clique sur le bouton vert. Pour écouter un office, on clique sur le bouton bleu, et le cadre qui apparaît permet de consulter le texte de l’office et sa traduction en anglais, en italien, en allemand, en polonais, en magyar, ou en français sur le site de l’abbaye. Depuis le mois de mars 2016, le site de l’abbaye propose également une écoute des offices en différé, ce qui n’était pas encore le cas au moment où la page Barroux chant a été mise au point par un étudiant de Californie, en juillet 2012.
 
Gregoriani Cantus
PARTITIONS – LOGICIELS – MANUELS – Festa Dies & Joseph Pothier
La fonte de caractères Festa Dies est une fonte typographique « true type » conçue pour être utilisée avec des éditeurs de texte du type « Microsoft Word » ou « Open Office ». Gregoriani Cantus présente aussi d’autres fontes numériques, un éditeur de partitions de chant grégorien, une liste de documents numériques sur l’accompagnement à l’orgue, un manuel en espagnol des rites à observer pour le chant de la Messe, et une série d’outils pour apprendre le chant grégorien.
 
Selapa
LOGICIELS – PARTITIONS – Chant grégorien : Ressources numériques
La page de ressources de chant grégorien de Selapa rassemble une liste de logiciels d’édition de partitions et de polices de caractères, suivie d’une liste de liens.
 
Dom Prosper Guéranger
LIVRES – Dom Guéranger
En tant que chant propre de la liturgique catholique romaine, le chant grégorien ne peut être convenablement mis en œuvre que dans un état d’esprit catholique et liturgique authentiques. Pour s’en imprégner, rien de tel que de consulter les ouvrages de la référence reconnue par tous en matière liturgique, Dom Prosper Guéranger osb, restaurateur de la vie contemplative en France et de la liturgie romaine, avec l’approbation et la reconnaissance de tous les papes qui se sont intéressés de près à la liturgie depuis son contemporain Pie IX. Tandis que les volumes de L’Année Liturgique, nourriture spirituelle quotidienne de Saint Louis Martin, ont été rédigés pour soutenir la piété liturgique des fidèles, ce sont principalement les quatre volumes des Institutions Liturgiques qui permettent de s’imprégner de la culture liturgique léguée par Dom Guéranger. Ils sont disponibles au format pdf sur Liberius, au format texte dans la bibliothèque numérique de l’Abbaye Saint-Benoît de Port-Valais, et en livre papier aux éditions Ignis Caritatis. Le prix et la qualité de cette réimpression de l’édition de 1878 nous ont paru tout-à-fait satisfaisants.
 

Ressources complémentaires

 
Les pages référencées ci-dessous contiennent des ressources pour le chant grégorien, mais également pour d’autres répertoires, qui parfois y ressemblent. Les ressources reprises sur ces pages ne sont donc pas toutes des ressources de chant grégorien. Nous invitons les utilisateurs à faire eux-mêmes le tri et à évaluer la valeur de ces ressources s’ils ont les connaissances pour le faire.
 
Preces Latinae
TEXTES – TRADUCTIONS – Thesaurus Precum Latinarum
Tous les textes sont présentés accompagnés de leur traduction en anglais. On pourra trouver une table des matières, une table alphabétique des titres, une introduction sur les raisons de l’importance du latin, un guide de prononciation du latin, des hymnes, des cantiques, des psaumes, et des dévotions au Saint-Sacrement.
 
Sacra Musica Musique Liturgique
AUDIOS – PARTITIONS – CALENDRIER – Zoom sur la musique liturgique : Grégorien
L’association Sacra Musica met à disposition du public une collection numérique d’enregistrements et de répétitions de chant grégorien pour toute l’année liturgique selon la liturgie tridentine. Une fois le jour sélectionné, on navigue entre les enregistrements à l’aide du menu situé juste à droite du lecteur audio. Une base de partitions à télécharger est également disponible. Sacra Musica fait aussi la promotion de la polyphonie sacrée.
 
Corpus Christi Watershed
PARTITIONS – AUDIOS – VIDEOS – CALENDRIERS – Music for the Liturgy
Cette page consacrée à la musique liturgique propose un catalogue de ressources électroniques pour le chant liturgique et pour les chants de dévotion catholiques, un recueil de fichiers de chant grégorien pour la liturgie moderne ordinaire, un recueil de fichiers pour le kyriale de la liturgie traditionnelle, un recueil de fichiers pour le propre grégorien de la liturgie traditionnelle, des vidéos de chant, une bibliothèque électronique de livres de chant grégorien et de chants de dévotion, un cours de chant grégorien en ligne, et un cours sur le rythme grégorien et sur l’histoire du différend entre Dom Pothier et Dom Mocquereau à ce sujet.
CC Watershed a aussi réalisé une très bonne vidéo didactique intitulée : «Musique sacrée et musique profane : percevez-vous la différence ?»
 
Church Music Association of America
PARTITIONS – Musica Sacra
L’association américaine de musique d’église a mis en ligne gratuitement un catalogue général de documents numériques, un recueil de documents numériques de chant grégorien et de chant choral latin, une bibliothèque électronique de chant liturgique, des extraits de conférences de Dom Pothier et de Dom Mocquereau avec enregistrements originaux en français, et un inventaire de ressources électroniques gratuites pour le chant d’église.
 
Schola Sainte-Cécile
PARTITIONS – CALENDRIER – Archives des programmes de messe de Saint-Eugène
Dans son catalogue de sources liturgiques, la schola Sainte-Cécile donne accès aux archives de ses carnets de messe avec textes, traductions et partitions, classées par dates et par temps liturgiques.
 
Chorale Polyphonique de la Paroisse Saint Nicolas
CALENDRIER – AUDIOS – PARTITIONS – Choeur Saint-Nicolas du Chardonnet
Le choeur Saint-Nicolas a mis en ligne une collection d’enregistrements et de partitions du kyriale et un calendrier du propre grégorien de l’année liturgique pour la liturgie traditionnelle. Pour accéder aux partitions et enregistrements du propre grégorien, il faut cliquer dans le cadre gris sous la mention « sélectionnez une date », choisir la date d’un dimanche ou d’une grande fête, puis cliquer sur « chercher ». Les partitions apparaissent sous le cadre de recherche, accompagnées des enregistrements correspondants.
 

Acheter les livres papier et d’autres ressources

 
Una Voce
L’association Una Voce propose une liste d’ouvrages recommandés avec les références des vendeurs. L’on peut également se procurer diverses ressources sur la boutique en ligne d’Una Voce.
 
Richard Lee
PARTITIONS – Gregorian Missal
Le directeur de la Gregorian Schola de la Paroisse Saint-Joseph, Richard Lee, professeur à l’Université d’Arkansas, présente une description du Missel grégorien de 1990 en le comparant avec le Liber usualis de 1952, et fournit quelques liens utiles pour l’achat de ces livres neufs.
 
Abbaye du Barroux
PARTITIONS – MANUEL Boutique en ligne du Barroux
La boutique en ligne de l’abbaye Sainte-Madeleine du Barroux vend une nouvelle édition corrigée et mise à jour du Paroissien romain n° 804 pour 55 euros avec une concordance pour la forme ordinaire, une réédition du Paroissien romain ou Liber usualis (le fameux “800”, ici précisément le n° 780) de 1962 pour 80 euros, un riche manuel des chants de toute l’année liturgique pour les fidèles et les chorales, Magnificat Dominum, pour 35 euros, et les chants liturgiques de la Passion du Christ en 3 fascicules pour les chantres pour 115 euros ou en un seul volume pour 85 euros, un recueil de chants grégoriens et de chants religieux latins et français, Cantate Domino, pour 11 euros, et un manuel d’initiation pour tous ceux qui découvrent le chant grégorien et veulent le pratiquer, Laus in Ecclesia, pour 28 euros.

La Sainte Eucharistie, Salut de l’Eglise et du monde

Ce lundi 14 mars, le cardinal Raymond L. Burke était à Paris pour présenter son livre La Sainte Eucharistie, sacrement de l’amour divin (éditions Via Romana), traduction de Divine Love Made Flesh: The Holy Eucharist, Sacrament of Charity, paru initialement aux États-Unis et publié aujourd’hui dans plusieurs langues à travers le monde.
Théologie de l’eucharistie accessible à tous les croyants, ce livre reprend principalement les enseignements sur le sujet de Jean-Paul II et de Benoît XVI.
Avec son autorisation, nous reproduisons ci-dessous la quasi totalité de la présentation de son livre effectuée à Paris par le cardinal Burke devant les journalistes et les personnalités invitées à cette occasion.

Le plus grand don de Dieu

Cardinal_Burke.jpgLes plus beaux souvenirs de jeunesse de mon éducation dans la foi et les mœurs catholiques, que ce soit à la maison, dans les écoles catholiques ou plus tard au petit séminaire sont tous associés à la Messe dominicale et à la dévotion eucharistique, mais aussi à la dévotion au Cœur Sacré de Jésus, qui en est le prolongement. Ce divin Cœur a été intronisé aussi bien à la maison, que dans les écoles catholiques, et au petit séminaire. Pour autant que je me souvienne, il n’y a jamais eu de doute que le plus grand don de Dieu envers moi, ma famille et l’Eglise toute entière soit le saint sacrifice de la Messe et son fruit incomparable : le Corps, le Sang, l’Ame, et la Divinité de Notre Seigneur Jésus Christ. C’est en effet le même Jésus qui, assis à la droite de Dieu le Père dans le ciel, descend afin de rendre présent le Sacrifice du Calvaire sur les autels de nos églises et chapelles, dispersées dans toutes les régions du monde.

Cette merveille du mystère eucharistique, mystère de la Foi, est intimement liée avec l’accès régulier au sacrement de la Pénitence, nous disposant à toujours mieux recevoir Notre Seigneur, le Pain Céleste. Tout en m’émerveillant de la présence réelle du Seigneur, j’ai approfondi mon amour pour Lui et mon désir de rester toujours près de Lui et de Lui plaire en toutes choses. Une occasion particulière de cette intimité eucharistique s’est présentée à l’âge de dix ans, lorsque je suis devenu enfant de chœur, assistant le prêtre à la célébration de la Sainte Messe et aux autres rites sacrés. L’opportunité de voir de plus près toute la beauté exquise du rite de la Messe et en particulier, le ministère irremplaçable du prêtre qui offre le Sacrifice, a été une grâce dont je suis encore aujourd’hui très reconnaissant.

La beauté de la sainte liturgie

L’édifice de l’église, ses meubles, l’autel, les linges sacrés, les calices, les patènes, les ciboires, les ostensoirs, les vases sacrés et les ornements, aussi bien que le chant grégorien et la polyphonie que l’on chantait pour les grandes fêtes de l’année, et de plus, les rites liturgiques eux-mêmes qui sont articulés avec un tel raffinement, en un mot, tout cet ensemble nous faisait percevoir la réalité sous-jacente : la rencontre entre le ciel et la terre qui est la substance de la sainte Liturgie. Je viens d’une région rurale d’un état des Etats-Unis, caractérisée par de petites exploitations agricoles, et j’ai grandi dans une petite ferme. Pourtant, la beauté de la sainte Liturgie, conservée par l’Eglise partout dans le monde, est aussi parvenue jusque dans ma contrée, et les fidèles faisaient les sacrifices nécessaires pour sauvegarder et promouvoir le plus beau don de Dieu pour nous. Je me souviens que, déjà pendant mon enfance, j’ai eu un sentiment de cette réalité tellement grande, qu’elle m’a habité toute ma vie, tandis que je cherchais à approfondir ma connaissance et accroitre mon amour du Seigneur eucharistique.

Durant mes dernières années à l’école et au début de mes études universitaires, qui étaient toujours dans le cadre du séminaire, tout ce dont je viens de parler subit un changement radical dans mon pays. Malgré le fait que je n’avais que dix-sept ou dix-huit ans, j’en ai été profondément marqué. Les églises furent réaménagées et les plus belles choses enlevées, surtout les maîtres-autels qui habituellement, dans cette région lointaine, étaient importés de l’Europe ou étaient fabriqués par des artisans européens. Il n’y avait plus l’attention soigneuse aux linges sacrés, aux vases et aux ornements, tandis que le chant grégorien et la polyphonie sacrée étaient abandonnés en faveur de musiques contemporaines, médiocres et souvent banales. Le latin ne se faisait guère ou jamais entendre, et les traductions anglaises des textes liturgiques utilisaient un langage ordinaire et peu soutenu. La chose la plus frappante fut le changement radical du rite de la Messe, réduisant largement son expression. Cette situation a été aggravée par les expérimentations liturgiques apparemment interminables et qui parfois m’ont laissé l’impression de ne pas avoir vraiment assisté à la Sainte Messe.

Les effets désasteux de la crise

Malheureusement, en dépit des mesures correctives du Saint-Siège, surtout du bienheureux pape Paul VI et du saint pape Jean-Paul II, la situation a continué à durer, et en même temps, on a assisté à une perte dramatique de la Foi dans l’Eucharistie et à un déclin stupéfiant de l’assistance à la Messe dominicale. Toute la destruction de la beauté liturgique a été justifiée au nom du soi-disant « esprit du Concile Vatican II », même si, en réalité, ces choses n’avaient rien avoir avec la vraie réforme désirée par les Pères Conciliaires. A vrai dire, il y avait là une manifestation dévastatrice d’une certaine interprétation du Concile Vatican II, en discontinuité avec la tradition ininterrompue de la doctrine et de la discipline de l’Eglise.  Le Pape Benoît XVI, lors de ses Vœux de Noël 2005 au Collège des Cardinaux et à la Curie Romaine a décrit ce phénomène.

Pendant les deux dernières années de son pontificat, le saint pape Jean-Paul II a entrepris un effort intense et approfondi pour corriger, d’une manière compréhensive, les abus liturgiques et pour restaurer la sainte Liturgie selon l’intention des Pères Conciliaires. Le pape Benoît XVI a continué la réforme liturgique du pape Jean-Paul II, mort avant le Synode des Evêques sur la Sainte Eucharistie qu’il avait convoqué pour le mois d’octobre 2005. Les principales œuvres du saint pape Jean-Paul II visant cette réforme sont : sa lettre encyclique Ecclesia de Eucharistia du Jeudi Saint 2003 et l’Instruction Redemptionis Sacramentum de la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements en avril 2004, déjà annoncée par le saint Pontife dans son encyclique. Les principales œuvres du Pape Benoît XVI sont : l’exhortation apostolique post-synodal Sacramentum Caritatis de février 2007, suivie par la lettre apostolique en forme de Motu Proprio Summorum Pontificum de juillet 2007 avec l’instruction correspondante de la Commission Pontificale « Ecclesia Dei » d’avril 2011 sur la mise en application dudit Motu Proprio.

Comme évêque de La Crosse, puis archevêque de Saint Louis, j’ai trouvé un guide sûr et un aide extraordinaire dans le magistère du saint pape Jean-Paul II et du pape Benoît XVI. J’ai voulu présenter soigneusement aux fidèles confiés à mon soin pastoral, leurs plus importants enseignements. J’ai poursuivi cette fin à travers le journal diocésain, dans lequel j’ai commenté durant deux années les textes complets de la lettre encyclique Ecclesia de Eucharistia et de l’exhortation apostolique post-synodal Sacramentum Caritatis. Puis, encouragé par plusieurs prêtres et autres fidèles, j’ai révisé le texte des articles avec l’aide de ma secrétaire la sœur M. Regina et de monsieur l’abbé Michael Houser. Le résultat en a été le volume qui maintenant est publié en traduction française. Monsieur Thomas McKenna de “Catholic Action for Faith and the Family”, association dévouée à la nouvelle évangélisation, a assuré sa publication aux Etats-Unis et a coopéré avec monsieur Benoît Mancheron et la maison d’édition Via Romana pour l’édition française et aussi avec d’autres maisons d’édition pour les publications croate, allemande, italienne, polonaise, et portugaise. Je remercie le Bon Dieu que ce livre ait été un bienfait spirituel pour beaucoup de lecteurs.

La continuité organique de la Liturgie sacrée

Je veux conclure ma réflexion en exprimant l’espoir que ce que j’ai écrit, inspiré par la continuité organique de la Liturgie sacrée tout au long des siècles chrétiens, puisse aider le lecteur à apprécier la bonté, la vérité, et la beauté de la sainte Liturgie, comme l’action du Christ glorieux au milieu de nous, et comme la rencontre du ciel et de la terre. Et ainsi, j’espère que la lecture du livre puisse, de quelque manière, aider le lecteur à mieux connaître notre Seigneur Eucharistique et à L’aimer toujours plus ardemment. Que l’adoration humble du mystère eucharistique, mystère de la Foi, inspire et renforce en nous une vie eucharistique, une vie d’amour pur et désintéressé du prochain, surtout du prochain très nécessiteux.

la-sainte-eucharistie-sacrement-de-l-amour-divin.jpgQue la Sainte Vierge Marie, « Femme de l’Eucharistie » selon l’expression du Saint Pape Jean-Paul II, nous rapproche de son Fils dans le saint sacrifice de la Messe, afin que, par sa maternité divine, nous Le rencontrions en sa Présence Réelle dans le Très Saint Sacrement et que nous suivions toujours son conseil maternel : « faites tout ce qu’il vous dira » (Jn 2,5).

Je vous remercie tous pour votre présence et votre écoute bienveillante. Que le Bon Dieu vous bénisse et qu’Il bénisse vos foyers.

Raymond Leo, cardinal Burke

La Sainte Eucharistie, sacrement de l’amour divin
cardinal Raymond L. Burke,
éditions Via Romana, 250 pages, 20 €

Source : L’Homme nouveau

Cardinal Robert Sarah : la crise actuelle est une crise de la foi

Par le père Gerald E. Murray | jeudi 21 janvier 2016

L’ouvrage Dieu ou rien, un long entretien du cardinal Robert Sarah, préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, avec le journaliste français Nicolas Diat est l’un des textes les plus revigorants récemment publiés. Je ne saurais trop faire l’éloge de ce livre. Il en émane la sagesse, la perspicacité et la foi profonde d’un serviteur de l’Église vraiment dévoué. C’est aussi un témoignage prophétique de la vérité. Le cardinal Sarah analyse la racine des maux dont souffre le monde actuel et propose le remède immuable de l’Église : la foi en Dieu telle que révélée par Son fils Jésus-Christ. Chemin faisant, il reproche aux membres du clergé et aux fidèles toutes les occasions où leur soumission à l’esprit du monde a beaucoup nui à l’Église. Le pape saint Pie X ayant été invité, après son élection, à définir le programme de son pontificat, désigna un crucifix et répondit « voilà mon programme ». Dans la même veine, à la question concernant la situation actuelle (« Est-ce une crise de l’Église ou une « crise de Dieu » ? »), le cardinal Sarah répond : « Contrairement à ce que nous pouvons considérer, la plus grande difficulté que rencontrent les hommes n’est pas de croire ce que l’Église enseigne sur le plan moral ; le plus dur pour le monde post-moderne est de croire en Dieu et en Son fils unique ».

Le problème fondamental de la société occidentale – et de l’Église – se ramène à des degrés divers de non-croyance en Dieu et en Sa Révélation. Cette incroyance va de l’athéisme (théorique et pratique) à l’agnosticisme (fruit souvent de l’ignorance, de la paresse ou de l’aveuglement spirituel) à un catholicisme très sélectif. Quand nous n’adhérons pas sans réserve au Christ et à son enseignement, nous sommes livrés à nous-mêmes – perspective peu réjouissante.

Le cardinal Sarah déclare : « Si le lien entre Dieu et les chrétiens s’affadit, l’Église devient une simple structure humaine, une société parmi d’autres. Dès lors, l’Église se banalise ; elle se mondanise et se corrompt jusqu’à perdre sa nature originelle. En fait, sans Dieu nous créons une Église à notre image, pour nos petits besoins, nos envies ou nos dégoûts. La mode s’empare de l’Église, et l’illusion du sacré devient périssable, une forme de médication périmée ».

Réfléchissez à des incidents remarquables comme le récent éloge funèbre de David Bowie dans l’Osservatore Romano. Éloge qui avait déjà comme précédent celui de Michael Jackson et fait suite à l’utilisation récente de la basilique Saint Pierre comme écran géant pour la projection d’images profanes. Et fait encore plus important, la Foi a été banalisée par la campagne tendant à autoriser les divorcés remariés à recevoir la sainte communion. Répéter les paroles du Seigneur « Quiconque répudie sa femme et en épouse une autre commet un adultère » (Luc 16,18) est considéré comme un acte dur, peu charitable et morose.

Accorder le droit de recevoir la sainte communion à des personnes vivant dans un second mariage invalide est considéré par les novateurs comme un acte de justice – une façon de cesser d’exclure injustement ces personnes de la communauté des fidèles, de les exposer à une honte imméritée et de frustrer leur louable désir d’être nourris par le Seigneur. Les novateurs stigmatisent et tournent en dérision 2000 ans d’enseignement catholique en y voyant une lecture démodée, rigoriste et fondamentaliste des paroles du Seigneur. Cette intransigeance, selon eux, empêche l’Église de mettre en pratique « l’intention réelle » du Seigneur qui est que quiconque souhaite recevoir la sainte communion soit invité à participer au banquet de Son Corps et de Son Sang. Mais les paroles du Seigneur sont claires et ont été fidèlement appliquées dans la vie de l’Église depuis le commencement. Elles ne sauraient être rejetées sans saper la force obligatoire de tout ce qu’Il a dit par ailleurs. La campagne visant à permettre aux divorcés et aux remariés de recevoir la sainte communion est une corruption, transformant l’Église en un club sentimental ne prêchant et ne respectant que certaines parties des messages du Seigneur.

Voici la nouvelle directive : si nous trouvons dans l’Évangile quelque chose qui offense nos nouvelles sensibilités, n’en tenons pas compte et récrivons l’enseignement de l’Église en changeant ses pratiques sacramentelles. Pour calmer tout le monde, affirmons que la doctrine demeure inchangée. Nous ne le croyons pas réellement, bien sûr, mais c’est le camouflage nécessaire de l’innovation doctrinale révolutionnaire jusqu’à ce que nous puissions rejeter ce faux-semblant. Alors nous pourrons simplement annoncer que ce qui pour certains semblait être autrefois la signification de l’enseignement du Christ a pris à présent un sens tout à fait différent, grâce au don des « voix prophétiques de notre époque ».

Comment en sommes-nous arrivés là ? Le cardinal Sarah répond à la question : « Les sociétés occidentales s’organisent et vivent comme si Dieu n’existait pas. Les chrétiens eux-mêmes, dans de nombreuses occasions, se sont installés dans une apostasie silencieuse ». La nature sacrée des sacrements a été diluée dans un humanisme qui conçoit l’Église comme une dispensatrice de confort et de consolation aux personnes et comme un défenseur de la solidarité de groupe et de l’action sociale.

Selon ce concept, refuser la sainte communion à quiconque souhaite la recevoir est intolérable. N’avons-nous pas affaire à une apostasie silencieuse quand certains hommes d’Église nous disent qu’il ne faut pas empêcher qui que ce soit de communier indignement au Corps et au Sang du Seigneur en rappelant aux fidèles les paroles mêmes du Seigneur ?

Notre culture occidentale délétère est instinctivement hostile à des vérités qui s’opposent à la révolution sexuelle. L’Église, elle, a la mission de proclamer la vérité concernant le mariage enseignée par notre Seigneur et de ne pas rejeter cet enseignement afin de se conformer au monde. Le cardinal Sarah met de nouveau en plein dans le mille en disant : « L’Église proclame la Parole de Dieu et célèbre les sacrements dans le monde. Elle doit le faire avec la plus grande honnêteté, une authentique rigueur et un respect miséricordieux des souffrances de l’humanité qu’elle a le devoir de mener vers la « splendeur de la vérité », pour reprendre les premiers mots d’une encyclique de saint Jean-Paul II. »

Comme le disent les Français « Ainsi soit-il », c’est-à-dire Amen.

Samedi 16 janvier 2016

Le père Gerald E. Murray (J.C.D.) est le curé de Holy Family Church (New York, N.Y.) et docteur en droit canon.

Source : The Catholic Thing / France catholique
Photo : Creative Commons

Cardinal Robert Sarah : «Dieu ou rien – Une conversation sur la foi», avec Nicolas Diat.