Entretien avec l’auteur de « L’éveil de Mademoiselle Prim », Natalia Sanmartín Fenollera

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Extraits :

0 ‘ 48 ‘ ‘ : « Petite, je voulais être bibliothécaire. Parce que j’aimais beaucoup lire. Plus qu’écrire, j’aimais lire. »

1 ‘ 41 ‘ ‘ : « Je voulais parler de la vérité, du bien et de la beauté. Et il m’a semblé qu’utiliser une prose poétique, une histoire, un conte, était la meilleure manière de le faire. »

06 ‘ 07 ‘ ‘ : « Oui, de fait, voyons. Je crois qu’il n’est pas nécessaire de théoriser là-dessus. On voit bien comment la génération précédente a été éduquée, les parents, les grands-parents, comment les enfants sont éduqués aujourd’hui. Et les énormes carences, et la rigidité des systèmes d’étude. Et je suis arrivée à la conclusion qu’il y a un problème très grave avec l’éducation. Et probablement, le premier problème, c’est que nous l’avons déléguée à des institutions dont on suppose qu’elles devraient co-éduquer, aider l’éducation qui doit se donner à la maison, et elles sont devenues des endroits où on envoie les enfants pour se faire déséduquer par toutes sortes de choses. Les programmes d’étude sont trop rigides. On donne la primauté aux technologies, aux médias, au lieu du contenu. On apprend très peu de choses. En général, celles qu’on apprend sont assez inutiles. On n’apprend pas aux enfants à aimer la lecture. Parmi ceux qui aiment la lecture, très peu d’entre nous l’aimons parce que nous avons appris [à l’aimer] à l’école. À l’école, on te fait apprendre des choses sur des auteurs, certains t’intéressent, d’autres pas, en général tu ne les lis pas trop, et si tu les lis tu dois faire un travail et tu cherches un résumé du livre. Alors je crois que l’éducation commence à la maison, elle commence tout petit, elle commence avec l’émerveillement, et par conséquent elle ne peut pas être orientée uniquement vers le succès professionnel dans cinq ou dix ans, cela vient après. Alors, dans ‘L’éveil de Mademoiselle Prim’, ils ont décidé que le monde n’éduque pas leurs enfants mieux qu’eux-mêmes, et alors ils éduquent leurs enfants à la maison, et ils les éduquent en communauté. »

9 ‘ 11 ‘ ‘ : « Il y a eu une époque où il n’y avait pas tant d’écoles formelles et obligatoires, dans le sens d’obligatoires, pas qu’il n’y en eût pas. Et les gens continuaient à penser, continuaient à apprendre, et continuaient à lire. À Saint-Irénée d’Arnois, ils ont ce système. Mais je crois que simplement… Moi je défends l’idée de la liberté, que les parents puissent choisir la manière d’éduquer leurs enfants. Certains vont les éduquer à la maison, d’autres pas. D’autres voudront une école de tel profil, d’autres… Ce qui pour moi s’avère asphyxiant, ce sont les programmes d’étude, et le fait qu’il faille se plier à une série de critères, ou donner un programme. Que ce soit une école publique ou privée ou semi-privée, il y a une série de choses que tous doivent apprendre, et ça me paraît asphyxiant, et je me rebelle contre ça. »

10 ‘ 00 ‘ ‘ : « Saint-Irénée est un conte. L’histoire n’est pas un roman réaliste. Ce n’est pas du réalisme. Alors on ne peut pas le considérer comme si c’était un village réel. »

10 ‘ 32 ‘ ‘ : « Mais l’idée d’un petit village dans lequel les gens se connaissent, le visage, les noms, dans lequel tout le monde sache quelque chose des autres, que les relations soient plus proches, qu’il y ait une certaine courtoisie ou discourtoisie de voisinage, mais qu’on ne soit pas enfoui dans la grande masse anonyme des villes, cela existe, existe maintenant, et surtout c’est le type de communauté ou de société sur laquelle s’est levée l’Europe. Un petit village autour d’un poumon spirituel, qui dans le roman est un monastère, et là [dans ce village] on achète, on vend, les personnes établissent des relations, et on vit à une échelle plus petite et à une échelle plus humaine. Maintenant, pas tout le monde dans les petit villages est aussi cultivé que les irénites, pas tout le monde a ces conversations si profondes, parce que c’est un conte. C’est un conte pour parler de différentes choses, et les contes ont la vertu de nous permettre de mettre de l’emphase sur certaines choses et sur d’autres non, changer de point de vue… Ce n’est pas réaliste. »

11 ‘ 52 ‘ ‘ : « Il n’existe pas d’endroit comme celui du roman, non. Est-ce qu’il existe des endroits petits, où on ne doit pas s’engouffrer dans un embouteillage, dans un transport public, pendant trois heures, et où on peut regarder ses enfants jouer dans la rue ? Oui, il y en a. Ils ont toujours existé, et ils existent encore. »

 

Rapporté par The Wanderer, Argentine. Transcription et traduction par Espérance Nouvelle.

En français :

> Le carnet de Myriam Thibault : « L’Éveil de Mademoiselle Prim » de Natalia Sanmartin Fenollera

> Grasset : L’éveil de mademoiselle Prim

> Fnac : L’éveil de mademoiselle Prim

> Amazon : L’Éveil de mademoiselle Prim (format poche)

> La Procure : L’éveil de mademoiselle Prim

En Español :

> The Wanderer, Argentina : La señorita Prim

> The Wanderer, Argentina : « No somos como ellos », por Natalia Sanmartín Fenollera

> Cosas que me hacen feliz : El despertar de la señorita Prim

In English :

> The Imaginative Conservative : “The Awakening of Miss Prim”, A Breath of Fresh Sanity

 

Entretien avec Jean Sévillia : le politiquement correct est toujours à l’œuvre

Propos recueillis par Philippe Maxence le 02 décembre 2016

Jean Sévillia viens de rééditer sous le titre Écrits historiques de combat ses trois principaux essais : Historiquement correct, Moralement correct et Le Terrorisme intellectuel. Il revient pour nous sur ce combat des idées.

Vous venez de rééditer sous le titre Écrits historiques de combat vos trois principaux essais consacrés au décorticage de la pensée dominante. Naguère, la Pléiade avait publié les « écrits de combat » de Bernanos. Faut-il y voir un hasard ou une filiation ?

Jean Sévillia : C’est mon éditeur qui m’a proposé ce titre de Écrits historiques de combat, proposition que j’ai acceptée. Il est vrai que la formule rappelle celle des Essais et écrits de combat de Bernanos publiés dans la Pléiade. Ce n’est pas un hasard puisqu’on classera celui-ci dans la catégorie des essayistes catholiques, catégorie à laquelle je puis être assimilé. Mais à la vérité, la pensée politique de Bernanos est un peu fluctuante, et son registre pamphlétaire n’est pas le mien. Chez Bernanos, j’admire plus le style en général – c’est un admirable écrivain – et les romans, qui nous emmènent toujours dans l’affrontement saisissant du péché et de la grâce. Si je voulais m’inscrire dans une filiation, ce serait plutôt dans celle de Jacques Bainville qui était un historien-journaliste, ce que je tente modestement d’être, et qui par ailleurs écrivait admirablement. Mais l’agnosticisme de Bainville a pour conséquence regrettable qu’il manque une dimension chrétienne dans ses livres, outre que ses sources historiques sont parfois dépassées. L’idéal serait d’avoir la méthode de Bainville, la foi de Bernanos et autant de style qu’eux deux. Mais je n’ai pas cette prétention : je me contente d’être moi-même, tout en essayant de m’améliorer…

Même si vous admettez comme leurs adversaires que les « néoréacs » se font de plus en plus entendre, vous estimez pourtant que « l’orientation et les conditions du débat d’idées, en France, ne sont pas substantiellement modifiées ». Pensez-vous réellement que le « sinistrisme » mis en évidence par Albert Thibaudet sous la IIIe République est encore vraiment à l’œuvre ?

Il faut distinguer deux niveaux. Pour ce qui est de la production d’idées et du positionnement idéologique et politique des intellectuels de premier plan, il est vrai que la gauche a perdu l’hégémonie qu’elle exerçait dans ce domaine. Si l’on considère, par exemple parmi les philosophes, ceux dont les livres remportent de vrais succès de librairie, on trouve Alain Finkielkraut, qui était de gauche il y a trente ans mais qui passe aujourd’hui pour réactionnaire, Michel Onfray, qui est malheureusement athée et qui continue de se dire de gauche alors que toute sa pensée va à l’encontre des principes de la gauche, ou Fabrice Hadjadj ou François-Xavier Bellamy, qui sont des catholiques de droite. Je ne prétends certes pas qu’il n’y a plus de philosophes de gauche, mais ils se taisent ou ne sont plus écoutés. Mais quand ils publient un livre, Alain Finkielkraut ou Michel Onfray, pour n’évoquer qu’eux, subissent un tir de barrage médiatique qui vise à déconsidérer leur personne et à délégitimer leurs propos parce qu’ils vont à contre-courant du politiquement correct. Et c’est ici que nous trouvons le deuxième niveau qui me fait dire que les conditions du débat d’idées ne se sont pas substantiellement modifiées en France depuis trente ans. Car le monde médiatique, tout comme le monde de l’enseignement, sont deux secteurs de la société française qui sont massivement orientés politiquement, et où l’hégémonie de la gauche n’a pas reculé d’un centimètre. Or tous les Français passent par l’école, le collège, le lycée ou l’université, et tous regardent la télévision et écoutent la radio. L’enseignement et les médias restent par conséquent deux filtres idéologiques dont l’influence est énorme sur le commun des mortels, même si les autres y échappent par les écoles entièrement libres et les médias alternatifs.

Qu’est-ce qui caractérise cette hégémonie de la gauche ?

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Jean Sévillia, Écrits historiques de combat (Historiquement correct, Moralement correct, Le Terrorisme intellectuel, avec une préface inédite, une bibliographie actualisée et un index des noms propres), Perrin, 840 p., 25 €.

9782262066635

Gabriel García Moreno, un homme d’État chrétien exemplaire

À l’approche de la Noël, les Éditions Clovis ont eu la bonne idée de mener à bien la réédition d’une biographie ancienne, abondamment citée et souvent mentionnée, mais devenue extrêmement difficile à trouver à l’état de livre d’occasion. Nous pensons naturellement au chef-d’œuvre de littérature chrétienne et historique du révérend père rédemptoriste et professeur de rhétorique Augustin Berthe : Gabriel García Moreno [1]. Au moment d’entrer dans le vase clos d’une nouvelle course présidentielle tout sauf haletante, ce sera un bon moyen de faire apparaître au grand jour, par contraste, la nullité des gouvernements républicains de France… Peut-être cet ouvrage donnera-t-il envie à certains de s’engager pour le bien commun et la Cité, en évitant de se soumettre à des systèmes aussi éculés que pervers ?

On connaît volontiers quelques grandes lignes de la vie du président équatorien qui consacra son pays au Sacré-Cœur de Jésus ; l’essentiel sans doute. Mais le lecteur, à moins d’avoir déjà étudié le sujet, sera probablement étonné par tout ce qu’il apprendra, et notamment sur l’importance du personnage et de ses qualités hors normes.

Cet homme d’État apprécié du bienheureux Pie IX est né le 24 décembre 1821 dans une grande famille. Son père était un individu distingué, né en Espagne où il fut secrétaire du roi Charles III, avant de courir l’aventure aux Amériques en 1793 – dans le port équatorien de Guayaquil très précisément, qui serait le foyer du radicalisme équatorien. Il y épouse la fille d’une notabilité locale, dans la parenté de laquelle on compterait un archevêque et cardinal. Le couple est résolument royaliste, au point de ne pas prendre favorablement part aux luttes d’indépendance, alors qu’on nous dit souvent que celles-ci se seraient déclenchées par souci d’intégrité contre la tutelle de Napoléon imposée à l’Espagne – à défaut de pouvoir l’être à ses possessions territoriales. Ne décorant pas sa maison pour les fêtes de l’indépendance, le couple s’exposa de bon cœur aux amendes (fraternelles, s’entend…).

Le Gabriel enfant, qui devait produire un homme si fort, se montrait paradoxalement « timide et craintif à l’excès [2] ». Il croît dans une grande instabilité politique continentale, puisqu’à l’âge de neuf ans il a déjà connu quatre nationalités successives : colombienne, de la république indépendante de Guayaquil (1827), péruvienne, puis équatorienne (1830). Malheureusement, les revers de fortune de la famille sont considérables, à cause de la mort prématurée du pater familias, et l’on n’aura guère de quoi trouver une situation au dernier-né : Gabriel. Cependant, la Providence veille : le père Betancourt, du proche couvent Notre-Dame-de-la-Merci, s’offre diligemment à sa mère pour dispenser des leçons de grammaire au petit.

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[1BERTHE (R.P. Augustin), Gabriel García Moreno. Le hérdémocros martyr, Suresnes, Clovis, 2016, 432 p., 22 €. La première édition date de 1890.

[2Ibid., p. 16.

« La foi catholique » ou « Le Dumeige »

  • ISBN : 9782703110682
  • Titre : La foi catholique
  • Auteur : DUMEIGE (Gervais)
  • Editeur : ORANTE
  • Nb Pages : 560
  • Présentation : Broché
  • Epaisseur : 29
  • Largeur : 140
  • Hauteur : 190
  • Poids : 0.70Kg

Sommaire de l’ouvrage

Introduction (VII)

Avertissement (XVI)

Sigles (XVI)

I. Symboles et professions de foi (1)

II. La connaissance religieuse et la Révélation (31)

III. La Tradition et l’Écriture (69)

IV. Le mystère du Dieu Trinité (111)

V. La Création (125)

VI. Justice et péché originels (159)

VII. Jésus-Christ, Fils de Dieu, Sauveur (177)

VIII. Marie (221)

IX. L’Église (237)

X. La grâce (325)

XI. Les sacrements (369)

XII. Les fins dernières de l’homme (503)

Table chronologique des documents (519)

Table des références bibliques (524)

Concordance entre l’ « Enchidrion symbolorum » et « La foi catholique » (529)

Liste des premiers numéros de « La foi catholique » modifiés ou supprimés dans l’édition de 1969 et les éditions ultérieures  (535)

Index analytique et onomastique (index alphabétique) (537)

Table des matières (547)

> Chiré – DPF : « La foi catholique »

> Fnac : « La foi catholique »

> Amazon : « La foi catholique »

Le nouveau livre du Cardinal Sarah : « La force du silence. Contre la dictature du bruit »

Rédigé par Philippe Maxence le 06 octobre 2016 dans Éditorial

La force du silence.jpgUn an après la publication de Dieu ou rien qui l’a fait connaître du grand public, le cardinal Robert Sarah publie un deuxième ouvrage de ce type. À nouveau, il s’agit d’entretiens avec l’écrivain Nicolas Diat, mais aussi, dans un chapitre surpre­nant et qui contient en lui quel­que chose d’inédit, d’un livre à trois voix puisque s’y ajoute celle de Dom Dys­mas de Lassus, le ministre général du monastère de la Grande Chartreuse, un ordre monastique voué au silence.

Le silence est justement le thème qui traverse tout ce livre et, en lui-même, il s’agit bien d’un évènement. Quoi de plus humble pourtant qu’un tel sujet ? Quoi de moins actif (au moins, en apparence) que le silence, et donc de plus éloigné des besoins du jour, des causes urgentes, des plans d’action à mettre en œuvre, des décisions à prendre, des avis à donner, des commentaires à apporter, des précisions et ajustements à faire ?

Oui, répond en quelque sorte l’auteur. Tout cela est certainement important et, même, dans une certaine mesure, vraiment urgent. Mais tout cela sera vain si nous ne retournons pas à la racine de ce qui est nécessaire pour retrouver Dieu et, partant, pour accomplir ensuite tout ce qu’Il attend de nous.

On trouve là, bien sûr, un écho lointain des vieux débats sur la contemplation et sur l’action, les vertus passives et les vertus actives, le spirituel et le temporel. Mais ces débats anciens s’effectuaient dans le cadre de la chrétienté ou, tout du moins, dans un climat resté chrétien. La situation dans laquelle nous sommes plongés nous oblige à un retour beaucoup plus radical. Ici, plus de débats, de précisions théologiques ou de préféren­ces spirituelles. C’est Dieu lui-même qu’il faut retrouver. C’est à Dieu qu’il faut faire à nouveau une place. Où le retrouver ? Dans le silence ! Comment lui faire une place ? En rétablissant le silence !

Un double mouvement

Tout au long de ce livre d’entretiens, il est donc constamment souligné que le silence n’est pas simplement une absence de bruit, ou qu’il débouche sur un vide tel que les spiritualités asiatiques le proposent. S’il exige de se taire, de contrôler les mouvements intérieurs de son imagination, le silence obéit à un double mouvement : se mettre en état d’accueillir et permettre à Dieu de se rendre présent à l’âme.

Un même double mouvement se retrouve dans le titre donné à ce nouveau livre : La force du silence. Contre la dictature du bruit. En lui-même, le silence contient donc quelque chose de positif et d’actif qui lui donne une force singulière. Mais il répond également à une violence permanente à laquelle nous sommes soumis constamment et contre laquelle le cardinal Sarah s’élève avec force. Cette « dictature du bruit », mal des sociétés contemporaines selon l’auteur, exige une véritable lutte. « Il est vital, explique ainsi le cardinal, de nous retirer au désert pour combattre la dictature d’un monde rempli d’idoles qui se gave de technique et de biens matériels, un monde dominé et manipulé par les médias, un monde qui fuit Dieu en se réfugiant dans le bruit. » (n. 103) Le programme est tracé et il est tracé clairement. Sans faux-fuyant, sans langue de buis et de contorsion mondaine.

À ce double mouvement du titre répond l’organisation même des chapitres du livre. Si le silence est abordé d’abord dans son opposition au bruit du monde (« Le silence contre le bruit du monde »), le silence divin est ensuite spécifié (« Dieu ne parle pas, mais sa voix est distincte ») avant que soient caractérisés les liens entre le silence et le sacré (« Le silence, le mystère et le sacré ») ou la place du silence face à ce grand mystère qu’est l’existence du mal (« Le silence de Dieu face au déchaînement du mal ») avant le trilogue qui s’est déroulé à la Grande Chartreuse et qui offre un superbe condensé de la place et du rôle du silence (« Comme un cri dans le désert – La rencontre de la Grande Chartreuse »).

Devant l’amplitude des thèmes abordés et, par moments, la fermeté du ton, on hésite quelque peu. S’agit-il d’un livre de spiritualité ? D’un livre de combat ? Très clairement, le cardinal Sarah offre au lecteur contemporain un livre de combat spirituel dans lequel il parle avec force et netteté en faveur de l’indispensable et de l’incontournable préalable à toute restauration de l’Église et de la société.

Une vaste conspiration

Dans La France contre les robots, livre magnifique et prémonitoire, Bernanos avait déjà tracé l’exact contour de la situation : « On ne comprend rien à la civilisation moderne si l’on n’admet pas d’abord qu’elle est une conspiration universelle contre toute espèce de vie intérieure. » Ailleurs, dans le même livre, il précisait : « Dans sa lutte plus ou moins sournoise contre la vie intérieure, la civilisation des machines ne s’inspire, directement du moins, d’aucun plan idéologique, elle défend son principe essentiel, qui est celui de la primauté de l’action ». Et de fait, deux principes essentiels s’opposent et se livrent un combat sans merci au cœur même de l’homme et de la société. D’un côté, le monde moderne qui exalte entièrement la primauté de l’action et de l’autre, le christianisme qui s’appuie sur la primauté de la contemplation.

À plusieurs reprises, dans un langage viril dont nous avons été déshabitués à l’intérieur de l’Église, le cardinal Sarah souligne les conséquences de cet antagonisme. Par exemple : « le monde moderne transforme celui qui écoute en un être inférieur. Avec une funeste arrogance, la modernité exalte l’homme ivre d’images et de slogans bruyants, tuant l’homme intérieur. » (n. 26) Ailleurs, il écrit : « Dans les prisons lumineuses du monde moderne, l’homme s’éloigne de lui-même et de Dieu. Il est rivé à l’éphémère, de plus en plus loin de l’essentiel. » (n. 45)

Retour à l’essentiel

Depuis longtemps, un tel langage nous était devenu inconnu. S’il explique et développe au plan personnel, ecclésial et social l’importance et la nécessité du silence, ce livre entend nous ramener à l’essentiel. À Dieu lui-même, qui ne peut se rencontrer dans n’importe quelles conditions, et certainement pas dans une société qui amplifie constamment le bruit pour étouffer l’âme. Il faut le lire et le méditer et cette lecture et cette méditation seront d’autant plus facilitées que les réponses du cardinal Sarah sont numérotées comme autant de pensées dans lesquelles puiser. Le silence intérieur, le silence de l’oraison, le silence liturgique, le silence comme écrin de l’âme humaine, sont des biens à reconquérir et non des utopies sur lesquelles disserter. Nous, chrétiens, nous avons ce trésor à nous réapproprier. Un cardinal ouvre la voie ; à nous de creuser le sillon et de le rendre mille fois fécond.

Source : L’homme nouveau

Sommaire du n° 1623

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> Famille Chrétienne : La force du silence

> Famille Chrétienne : « N’ayons pas peur de faire silence »

Révolution française: un ouvrage sur la déportation des Basques

6a00d83451619c69e201b7c87791e9970bIl n’y a pas que la Vendée qui a souffert de populicide (terme utilisé par le révolutionnaire Gracchus Babeuf dans son pamphlet « Du système de dépopulation… ») sous la Révolution. Peu d’ouvrages ont été consacrés à la déportation des Basques du Labourd et des confins bas-navarrais en ce tragique mois de février 1794. Des archives disparues dans des incendies ou des traces effacées intentionnellement n’ont laissé subsister que des mémoires conservées dans certaines familles et des inscriptions recueillies au XIXe siècle par quelques chercheurs courageux sur les tombes dans les cimetières encore intacts jalonnant le chemin de croix des déportés.

Par un froid intense, leur long cortège s’étira jusque des contrées éloignées – au Cantal et en Lauraguais – accompagné de charrettes où l’on avait jeté pêle-mêle ceux qui ne pouvaient marcher par eux-mêmes : vieillards, femmes en train d’accoucher, enfants en bas-âge et grabataires. Soumis à des travaux forcés, publics ou chez les particuliers, les rares survivants ne furent autorisés à rentrer au Pays Basque que huit mois plus tard, pour trouver leurs maisons dévastées, pillées et brûlées, la terre en friche ou les récoltes volées, les bourgs vidés de leur population. La ruine était totale. Elle provoqua un appauvrissement dans le pays, cause d’émigration de générations de jeunes basques, une décadence de l’esprit civique et, partant, une atonie dans la vie politique au XIXe siècle.

Alexandre de la cerda tente de réparer cette injustice en publiant un ouvrage intitulé « La déportation des Basques sous la Terreur« . Homme de Lettres et journaliste, membre de l’Académie des Jeux Floraux, lauréat de l’Académie française, du Prix « Renaissance des Arts », du Prix d’Honneur de la culture basque décerné par la Ville de Bayonne et la Société d’Études basques « Eusko Ikaskuntza » ainsi que du Prix Biltzar des écrivains du Pays Basque, Alexandre de La Cerda a créé la première station régionale basque et gasconne « Radio Adour Navarre ».  Directeur de la rédaction  de « La Semaine du Pays Basque » et collaborateur de France Bleu Pays Basque (Radio France), il est l’auteur de nombreux ouvrages consacrés à l’histoire et à la culture de la région.

Source: Le Salon Beige – « La déportation des Basques sous la Terreur »

Gabrielle Cluzel : « Le féminisme menace la femme »

Gabrielle Cluzel est journaliste et rédactrice en chef du site Boulevard Voltaire, elle écrit également dans les revues Monde et Vie et Famille Chrétienne. Dans son ouvrage Adieu Simone ! Les dernières heures du féminisme, elle adresse une vive critique aux tenants de cette idéologie et explique sa décomposition imminente. Avec un ton incisif et percutant elle met les militants féministes face à leurs contradictions : GPA, idéologie du genre ou encore libération sexuelle et islam, son ouvrage donne une vue d’ensemble des paradoxes qui secouent le féminisme.

Source : GABRIELLE CLUZEL : “LES DERNIÈRES HEURES DU FÉMINISME”

 

féminisme, livres

Adieu Simone !

Les dernières heures du féminisme.

« Je n’ai pas la prétention de faire une analyse du féminisme depuis des siècles à travers le monde. De remonter à l’âge de pierre pour étudier la condition de la femme dans les grottes préhistoriques. Je veux seulement évoquer ce que je connais. Ce féminisme en mini-jupe, mutin comme une parisienne de Kiraz, que l’on trouvait sur les barricades de mai 68, devenu ce féminisme imposant et tyrannique, aux allures de rombière de Faisant, que l’on trouve à présent sur les ruines de mai 68. Une rombière acariâtre et autoritaire avec sa moitié, l’homme occidental, faible et maigrelet, qu’elle morigène toute la sainte journée et fait avancer tête baissée… mais une rombière laxiste, aveugle, et masochiste avec les enfants qu’en couchant avec l’amant de toujours, la gauche, elle a engendrés et réchauffés dans son sein : libération sexuelle, laxisme judiciaire et islam impérieux. » 

Gabrielle Cluzel – Éditions Le Centurion

11,90 €

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