L’évangélisation, la vraie : vers l’éternité !

Quelques petites corrections. La citation concernant les « flocons de neige » est généralement attribuée à Sainte Thérèse d’Avila (ce qui n’empêche pas que Sainte Thérèse de Lisieux l’ait peut-être reprise). Le vénérable Fulton Sheen n’était pas Cardinal de New York, mais bien évêque de Rochester puis archevêque titulaire de Newport. Enfin, le jugement particulier consiste à être jugé avec justice par Jésus-Christ sur les 10 commandements, c’est-à-dire sur la foi, sur l’amour de Dieu et sur l’amour du prochain pour l’amour de Dieu.

> Sur le jugement particulier

> Sur les fins dernières

Du Livre de la Genèse à Amoris Laetitia : une compilation chronologique de sources et de documents sur le mariage, l’adultère, et la Sainte Communion, avec quelques autres documents pertinents

Eugène Siberdt (1866-1931), Le Prophète Nathan réprimande le Roi David, détail.

Monsieur Andrew Guernsey a mis en ligne un document que Rorate Caeli propose à ses lecteurs, dans lequel sont rassemblés à la manière du Denzinger les sources et les documents de l’enseignement et de la discipline pérennes de l’Église sur le « remariage » et la question de l’accès à la Communion des adultères publics. C’est une compilation qui reprend les principales déclarations sur le sujet depuis l’aube de l’humanité jusqu’à notre époque.

Le document commence avec l’Ancien Testament, puis le Nouveau Testament, et continue ensuite chronologiquement avec les Pères de l’Église, les papes, les martyrs, les conciles, sur lesquels l’Église fonde sa doctrine immuable sur l’indissolubilité du mariage et sa norme pérenne d’exclusion des adultères de la Sainte Communion et du Sacrement de Pénitence, s’ils ne vivent pas en parfaite continence. Après l’Histoire de l’Église, le document répertorie aussi une chronologie d’interviews, d’homélies, et d’autres documents du pontificat du Pape François.

Pour consulter le document reprenant cette compilation chronologique de sources, cliquez sur l’image ci-dessous :

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D’autre part, une présentation en vis-à-vis de Familiaris Consortio et Amoris Laetitia sur les points dont l’interprétation fait débat est proposée par Infocatho dans un tableau synthétique réalisé par l’un de ses lecteurs. Ce tableau peut être consulté en cliquant sur l’image ci-dessous :

Tableau_Infocatho.png

Autres documents pertinents :

> Encyclique Veritatis Splendor (6 août 1993) : n. 56, 79, 81  [Allemand, Anglais, Espagnol, Français, Italien, Latin, Polonais, Portugais]

> Exhortation apostolique post-synodale Familiaris Consortio (22 novembre 1981) : n. 84
[Anglais, Espagnol, Français, Italien, Polonais, Portugais]

> Exhortation apostolique post-synodale Sacramentum Caritatis (22 février 2007) : n. 29
[Allemand, Anglais, Espagnol, Français, Italien, Latin, Néerlandais, Polonais, Portugais]

> Déclaration sur la communion pour les personnes divorcées et remariées (24 juin 2000)  [Allemand, Anglais, Espagnol, Français, Italien, Portugais]

> Mgr Tarcisio Bertone (Congrégation pour la Doctrine de la Foi) : À propos de la réception des documents du Magistère et du désaccord public

> Cardinal Joseph Ratzinger (Congrégation pour la Doctrine de la Foi) : Sur une application souple de l’indissolubilité du mariage

> Cardinal Joseph Ratzinger (Congrégation pour la Doctrine de la Foi) : À propos de quelques objections à la doctrine de l’Église concernant la réception de la Communion eucharistique de la part des fidèles divorcés remariés

Amoris Laetitia : Les ‘dubia’ des quatre cardinaux sont légitimes d’après le Cardinal Martino

(Infocatho) Amoris laetitia ne sera décidément pas passé inaperçu. Après les suppliques, les dubia, les disputatio entre théologiens, demeure le silence du Sait-Père. Mais le pape n’aime pas les déclarations qui rigidifient. C’est ainsi en tout cas que son entourage justifie le silence du Souverain Pontife. Or les dubia, par nature, appellent des réponses claires et sans ambiguïté.

Dernier petit rebondissement, le Cardinal Martino juge les dubia légitimes et estime qu’il serait juste que le pape y réponde. C’est ce qu’il a dit au journal italien La Fede Quotidianaqui l’interrogeait à ce sujet.

 « Je n’y vois rien de mal. Il est légitime en matière de doctrine d’adresser au Pape une opinion et c’est juste aussi qu’il y réponde » 

(Cath.ch/I.MEDIA) Le cardinal Renato Martino, ancien président du Conseil pontifical Justice et Paix, a expliqué qu’il ne voyait rien de mal aux dubia des quatre cardinaux concernant l’exhortation apostolique Amoris laetitia.

(Chiesa) Il y a le cardinal Renato Raffaele Martino, président émérite du conseil pontifical Justice et paix, qui a déclaré, lors d’une interview accordée le 16 décembre à « La Fede Quotidiana », qu’il est « licite de faire parvenir au pape une opinion en matière de doctrine et que c’est également une bonne chose qu’il y ait une réponse », en particulier parce que ce « cas par cas » dont parle « Amoris lætitia » peut effectivement « se prêter à des interprétations douteuses » :

> Martino: « Leciti i ‘dubia’ su ‘Amoris laetitia’, giusto che il papa risponda »

(Riposte catholique) L’hebdomadaire catholique étatsunien The Wanderer a signalé, dans sa livraison du 17 décembre, l’entretien accordé la veille par le cardinal Renato Martino, ancien président du Conseil pontifical Justice et Paix, au site italien La Fede Quotidiana. Interrogé sur ce qu’il pensait des dubia des quatre cardinaux, il a répondu : « Je n’y vois rien de mal. Il est légitime en matière de doctrine d’adresser au Pape une opinion et c’est juste aussi qu’il y réponde » (« Che non ci vedo nulla di male. E’ lecito in tema di dottrina rivolgere al Papa un parere ed è anche giusto rispondere »).

> LifeSiteNews : Italian cardinal defends four Cardinals: It would be ‘just’ for pope to respond

> OnePeterFive : Cardinal Martino Speaks Out in Support of the Dubia

> National Catholic Register : Cardinal Martino Defends the ‘Dubia’

> La Fede Quotidiana : Il cardinale Martino: “Leciti i dubia sulla Amoris Laetitia, giusto che il Papa risponda”

Rappel : les 5 questions (‘dubia’) des 4 cardinaux au Pape François sur la morale, les sacrements, et la signification d’Amoris Laetitia

La démarche des cardinaux Caffara, Burke, Brandmüller et Meisner de soumettre au Pape cinq questions sur la morale et les sacrements, en rapport avec certains passages d’Amoris Laetitia qui font l’objet d’interprétations divergentes de la part des évêques, des prêtres et des fidèles dans le monde, a suscité des réactions diverses. Mais quelles sont exactement les questions posées par ces quatre cardinaux ? Les voici.

1.    Il est demandé si, en conséquence de ce qui est affirmé dans « Amoris lætitia » aux nn. 300-305, il est maintenant devenu possible d’absoudre dans le sacrement de Pénitence et donc d’admettre à la Sainte Eucharistie une personne qui, étant liée par un lien matrimonial valide, vit « more uxorio » avec une autre personne, sans que soient remplies les conditions prévues par « Familiaris consortio » au n. 84 et réaffirmées ensuite par « Reconciliatio et pænitentia » au n. 34 et par « Sacramentum caritatis » au n. 29. L’expression « dans certains cas » de la note 351 (n. 305) de l’exhortation « Amoris lætitia » peut-elle être appliquée aux divorcés remariés qui continuent à vivre « more uxorio » ?

2.    Après l’exhortation post-synodale « Amoris lætitia » (cf. n. 304), l’enseignement de l’encyclique de Saint Jean-Paul II « Veritatis splendor » n. 79, fondé sur la Sainte Écriture et sur la Tradition de l’Église, à propos de l’existence de normes morales absolues, obligatoires sans exception, qui interdisent des actes intrinsèquement mauvais, continue-t-il à être valide ?

3.    Après « Amoris lætitia » n. 301, est-il encore possible d’affirmer qu’une personne qui vit habituellement en contradiction avec un commandement de la loi de Dieu, comme par exemple celui qui interdit l’adultère (cf. Mt 19, 3-9), se trouve dans une situation objective de péché grave habituel (cf. Conseil pontifical pour les textes législatifs, Déclaration du 24 juin 2000) ?

4.    Après les affirmations contenues dans « Amoris lætitia » n. 302 à propos des « circonstances qui atténuent la responsabilité morale », faut-il encore considérer comme valide l’enseignement de l’encyclique de Saint Jean-Paul II « Veritatis splendor » n. 81, fondé sur la Sainte Écriture et sur la Tradition de l’Église, selon lequel « les circonstances ou les intentions ne pourront jamais transformer un acte intrinsèquement malhonnête de par son objet en un acte subjectivement honnête ou défendable comme choix » ?

5.    Après « Amoris lætitia » n. 303, faut-il considérer comme encore valide l’enseignement de l’encyclique de Saint Jean-Paul II « Veritatis splendor » n. 56, fondé sur la Sainte Écriture et sur la Tradition de l’Église, qui exclut une interprétation créatrive du rôle de la conscience et affirme que la conscience n’est jamais autorisée à légitimer des exceptions aux normes morales absolues qui interdisent des actes intrinsèquement mauvais de par leur objet ?

Pour rappel, la démarche des quatre cardinaux consistait formellement à poser des questions au Pape sur Amoris Laetitia et son interprétation correcte, cinq questions précisément. C’est ce qu’ont clairement rappelé les quatre cardinaux dans une note explicative publiée en même temps que les cinq questions :

« Les ‘dubia’ (mot latin signifiant : ‘doutes’) sont des questions formelles posées au Pape et à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi et qui demandent des éclaircissements à propos de sujets particuliers concernant la doctrine ou la pratique. La particularité de ces questions est qu’elles sont formulées de telle sorte qu’elles demandent comme réponse un « oui » ou un « non », sans argumentation théologique. Cette manière de s’adresser au Siège Apostolique n’est pas une invention de notre part ; c’est une pratique séculaire.« 

La procédure des « dubia » envoyés au Saint-Siège, telle que les quatre cardinaux l’ont appliquée, fait en effet partie de la vie normale de l’Église. On peut le constater en consultant les documents officiels du Saint-Siège qui répondent à des question du même type formulées selon la même procédure, par exemple les documents suivants : 

Réponses aux doutes sur l’interprétation du Décret «Ecclesiae Pastorum» (Responsa ad proposita dubia de interpretatione decreti «Ecclesiae Pastorum»), 7 juillet 1983 [AllemandAnglaisEspagnolFrançaisItalienPolonaisPortugais] ; 

Réponse au doute quant à la validité du baptême conféré par «L’Eglise de Jésus-Christ des Saints du dernier Jour», dite «Mormons» (Responsum ad propositum dubium de validitate baptismatis apud communitatem «The Church of Jesus Christ of Latter-day Saints»), 5 juin 2001 [AllemandAnglaisEspagnolFrançaisItalienLatinPolonaisPortugais] ; 

Réponses aux questions sur les formules de validité du baptême (Responsa ad proposita dubia de validitate baptismatis), 1er février 2008 [AllemandAnglaisEspagnolFrançaisItalienLatinPolonaisPortugaisTchèque] ; 

Réponses à des doutes soulevés sur l’«isolement de l’utérus» et à d’autres questions (Responsa ad proposita dubia circa «interclusionem uteri» et alias quaestiones)31 juillet 1993 [AllemandAnglaisEspagnolFrançaisItalienPolonaisPortugais] ; 

Réponse à un doute sur la doctrine de la Lettre Apostolique “Ordinatio Sacerdotalis (Responsum ad dubium circa doctrinam in Epist. Ap.“Ordinatio Sacerdotalis” traditam), 28 octobre 1995 [AllemandAnglaisEspagnolFrançaisItalienLatinPolonaisPortugais].

Illustration : Crisis Magazine

Le Cardinal Cordes soutient les démarches de clarification du Cardinal Müller et des quatre cardinaux fidèles

LE VATICAN (ChurchMilitant.com / Trad. Espérance Nouvelle) – Le Cardinal allemand Paul Cordes s’est exprimé en faveur de ses frères cardinaux qui ont demandé à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi (CDF) et au Pape François de clarifier l’exhortation Amoris Laetitia. Le Cardinal Cordes approuve aussi les récentes clarifications données par le préfet de la CDF, le Cardinal Gerhard Müller, qui a déclaré que toute interprétation d’Amoris Laetitia devrait se conformer à l’enseignement antérieur de l’Église.

Dans un entretien avec Kathpress le 12 décembre, le Cardinal Cordes, ancien président du Conseil Pontifical Cor Unum, a été interrogé à propos des « dubia » rédigés par quatre cardinaux demandant des clarifications sur la question de savoir si Amoris Laetitia contredit ou pas l’enseignement antérieur de l’Église selon lequel la réception de la Sainte Communion est interdite aux adultères non repentis. En faisant référence aux réactions de vive hostilité qui ont suivi à l’égard des quatre cardinaux de la part d’autres prélats, le Cardinal Cordes a répondu : 

« Avec un ton objectif, les quatre cardinaux ont demandé la dissipation des doutes sur le texte. Ils ont alors été confrontés à une protestation disproportionnée. Je n’ai pas compris cette indignation ; j’ai aussi douté que ces personnes indignées aient été motivées par un désir de trouver la vérité. »

Cette réaction est comparable à celle du Cardinal George Pell, l’un des neuf principaux conseillers du Pape. Lorsque son avis sur les dubia lui a été demandé, il a répondu en demandant : « Comment peut-on être en désaccord avec une question ? » Le Cardinal Müller avait également été interrogé sur les dubia et sur Amoris Laetitia dans un entretien avec Kathpress. S’il s’est montré hésitant à s’exprimer directement sur les dubia sans approbation papale, il a cependant souligné qu’Amoris Laetitia « ne devrait pas être interprétée comme si les enseignements des papes antérieurs et de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi sur ce sujet avaient perdu leur valeur contraignante. »

> Lire l’article complet en anglais

Illustration : Armoiries du Cardinal Paul Josef Cordes sur Wikipedia

Sur la vidéo d’Arnaud Dumouch à propos des « dubia » et d’Amoris Laetitia

Dans la dernière vidéo qu’il a publiée au sujet des « dubia » des quatre cardinaux et des débats autour d’Amoris Laetitia, Arnaud Dumouch dit notamment ceci (à partir de 12’36 ») :

« La réalité, ce que, je pense, le Pape François devrait tout de même faire, c’est qu’ils méritent d’avoir une réponse. Ils s’inquiètent en disant : alors, on fait quoi par rapport aux divorcés-remariés ? On leur donne la communion ou pas ? Je ne dis pas que le Pape devrait leur dire : eh bien, décidez de leur donner la communion, ou au contraire : ne décidez pas. Parce que le Pape François ne peut pas leur répondre cela. Parce que tout simplement, l’encyclique, qui s’appelle Amoris…, enfin la lettre apostolique, la lettre post-synodale, qui s’appelle Amoris Laetitia, ne veut pas donner une doctrine universelle. Elle dit simplement que face à des cas particuliers uniques que les prêtres pourront apprécier, les évêques, des cas manifestes d’une victime d’un divorce, abandonnée, qui, avec des enfants… Que le Pape Jean-Paul II, d’ailleurs, soulève, c’est des cas qu’il soulève, dans sa propre lettre apostolique sur la famille, qui s’appelle Familiaris ConsortioEh bien le Pape Jean-Paul II soulève ce cas d’une femme qui aurait été abandonnée injustement par un mari, qui aurait des enfants, qui ne sait pas comment s’en sortir, et un autre homme se présenterait, lui proposerait de s’en occuper, et elle l’épouserait civilement. Eh bien son cas est tout-à-fait différent de celui qui a trahi, qui lui est en état manifeste de péché mortel, il a tué l’amour, il a trahi. Eh bien, face à des cas comme ça, le Pape n’émet pas une nouvelle doctrine, comme quoi cette femme serait dans la ligne du sacrement. Elle n’est pas dans la ligne du sacrement, qui est un appel à la fidélité pour le meilleur et pour le pire. Mais concrètement, il ouvre une nouvelle pastorale au cas par cas, et donc il n’y a pas de réponse casuistique, doctrinale [?]. Voilà ce que, à mon avis, devrait répondre notre Pape François. En effet, pastoralement, on a toujours intérêt à répondre. Pourquoi on ne répond pas ? D’autant plus que là, on a un sujet extrêmement douloureux, que chacun peut connaître dans sa vie. » 

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Ce qu’Arnaud Dumouch omet de préciser dans cette vidéo, c’est que si le Pape Jean-Paul II demande en effet aux pasteurs d’âmes de faire la distinction entre la situation d’un homme qui provoquerait le divorce et contracterait une nouvelle union avec une autre femme, et la situation d’une mère, abandonnée sans faute de sa part par son mari, et qui aurait ensuite contracté une nouvelle union, situations qui sont effectivement différentes par le fait même de ce qui est énoncé, le même Pape applique ensuite à tous les « divorcés remariés » (jusqu’à ce qu’ils renoncent à la nouvelle union adultère) l’impossibilité de recevoir l’absolution et la communion, au-delà des différences réelles qui existent entre leurs diverses situations et leurs responsabilités personnelles. Ceci est d’ailleurs tout-à-fait dans la ligne de ce que le Christ Lui-même affirme dans l’Évangile : « Quiconque répudie sa femme et en épouse une autre, commet l’adultère ; et celui qui épouse la femme répudiée par son mari, commet l’adultère. » (Lc 16, 18) Le Christ distingue bien les deux situations différentes, puisqu’ils les énonce séparément l’une à la suite de l’autre. Mais Jésus applique à ces deux situations différentes la même qualification morale : adultère. Dans la deuxième situation, il s’agit bien d’un adultère du fait que la femme soit mariée et ait été renvoyée par son mari, indépendamment du fait que l’homme qu’elle épouse ensuite soit lui-même marié ou pas : c’est un adultère parce que la femme abandonnée est bel et bien mariée, et que si elle s’unit à un autre homme, c’est un adultère. Autrement dit, quelles que soient les différentes causes du divorce et les différentes responsabilités de l’un et de l’autre, une nouvelle union est toujours un adultère, et le restera tant que le conjoint légitime est vivant (le mariage étant permis en cas de veuvage).

 

Voici donc, pour mémoire, l’intégralité du texte du numéro 84 de Familiaris Consortio, dans lequel se trouve le passage évoqué par Arnaud Dumouch sur le discernement de situations différentes, avec l’exemple des époux injustement abandonnés :

« 84. L’expérience quotidienne montre, malheureusement, que ceux qui ont recours au divorce envisagent presque toujours de passer à une nouvelle union, évidemment sans cérémonie religieuse catholique. Et comme il s’agit là d’un fléau qui, comme les autres, s’attaque de plus en plus largement aux milieux catholiques eux-mêmes, il faut d’urgence affronter ce problème avec la plus grande sollicitude. Les Pères du Synode l’ont expressément étudié. L’Eglise, en effet, instituée pour mener au salut tous les hommes, et en particulier les baptisés, ne peut pas abandonner à eux-mêmes ceux qui – déjà unis dans les liens du sacrement de mariage – ont voulu passer à d’autres noces. Elle doit donc s’efforcer, sans se lasser, de mettre à leur disposition les moyens de salut qui sont les siens.

Les pasteurs doivent savoir que, par amour de la vérité, ils ont l’obligation de bien discerner les diverses situations. Il y a en effet une différence entre ceux qui se sont efforcés avec sincérité de sauver un premier mariage et ont été injustement abandonnés, et ceux qui par une faute grave ont détruit un mariage canoniquement valide. Il y a enfin le cas de ceux qui ont contracté une seconde union en vue de l’éducation de leurs enfants, et qui ont parfois, en conscience, la certitude subjective que le mariage précédent, irrémédiablement détruit, n’avait jamais été valide.

Avec le Synode, j’exhorte chaleureusement les pasteurs et la communauté des fidèles dans son ensemble à aider les divorcés remariés. Avec une grande charité, tous feront en sorte qu’ils ne se sentent pas séparés de l’Église, car ils peuvent et même ils doivent, comme baptisés, participer à sa vie. On les invitera à écouter la Parole de Dieu, à assister au Sacrifice de la Messe, à persévérer dans la prière, à apporter leur contribution aux œuvres de charité et aux initiatives de la communauté en faveur de la justice, à élever leurs enfants dans la foi chrétienne, à cultiver l’esprit de pénitence et à en accomplir les actes, afin d’implorer, jour après jour, la grâce de Dieu. Que l’Église prie pour eux, qu’elle les encourage et se montre à leur égard une mère miséricordieuse, et qu’ainsi elle les maintienne dans la foi et l’espérance!

L’Église, cependant, réaffirme sa discipline, fondée sur l’Écriture Sainte, selon laquelle elle ne peut admettre à la communion eucharistique les divorcés remariésIls se sont rendus eux-mêmes incapables d’y être admis car leur état et leur condition de vie est en contradiction objective avec la communion d’amour entre le Christ et l’Église, telle qu’elle s’exprime et est rendue présente dans l’Eucharistie. Il y a par ailleurs un autre motif pastoral particulier: si l’on admettait ces personnes à l’Eucharistie, les fidèles seraient induits en erreur et comprendraient mal la doctrine de l’Église concernant l’indissolubilité du mariage.

La réconciliation par le sacrement de pénitence – qui ouvrirait la voie au sacrement de l’Eucharistie – ne peut être accordée qu’à ceux qui se sont repentis d’avoir violé le signe de l’Alliance et de la fidélité au Christ, et sont sincèrement disposés à une forme de vie qui ne soit plus en contradiction avec l’indissolubilité du mariage. Cela implique concrètement que, lorsque l’homme et la femme ne peuvent pas, pour de graves motifs – par l’exemple l’éducation des enfants -, remplir l’obligation de la séparation, «ils prennent l’engagement de vivre en complète continence, c’est-à-dire en s’abstenant des actes réservés aux époux»(180).

De la même manière, le respect dû au sacrement de mariage, aux conjoints eux-mêmes et à leurs proches, et aussi à la communauté des fidèles, interdit à tous les pasteurs, pour quelque motif ou sous quelque prétexte que ce soit, même d’ordre pastoral, de célébrer, en faveur de divorcés qui se remarient, des cérémonies d’aucune sorte. Elles donneraient en effet l’impression d’une célébration sacramentelle de nouvelles noces valides, et induiraient donc en erreur à propos de l’indissolubilité du mariage contracté validement.

En agissant ainsi, l’Église professe sa propre fidélité au Christ et à sa vérité; et en même temps elle se penche avec un cœur maternel vers ses enfants, en particulier vers ceux qui, sans faute de leur part, ont été abandonnés par leur conjoint légitime.

Et avec une ferme confiance, elle croit que même ceux qui se sont éloignés du commandement du Seigneur et continuent de vivre dans cet état pourront obtenir de Dieu la grâce de la conversion et du salut, s’ils persévèrent dans la prière, la pénitence et la charité. »

 

L’exhoratation apostolique post-synodale Sacramentum Caritatis du Pape Benoît XVI enseigne également :

« 29. Si l’Eucharistie exprime le caractère irréversible de l’amour de Dieu pour son Église dans le Christ, on comprend pourquoi elle implique, en relation au sacrement de Mariage, l’indissolubilité à laquelle tout véritable amour ne peut qu’aspirer. (91) L’attention pastorale que le Synode a réservée aux situations douloureuses dans lesquelles se trouvent de nombreux fidèles qui, après avoir célébré le sacrement de Mariage, ont divorcé et contracté une nouvelle union, est donc plus que justifiée. Il s’agit d’un problème pastoral épineux et complexe, une vraie plaie du contexte social actuel, qui touche de manière croissante les milieux catholiques eux-mêmes. Par amour de la vérité, les Pasteurs sont obligés de bien discerner les diverses situations, pour aider spirituellement de la façon la plus appropriée les fidèles concernés. (92) Le Synode des Évêques a confirmé la pratique de l’Église, fondée sur la Sainte Écriture (cf. Mc 10, 2-12), de ne pas admettre aux sacrements les divorcés remariés, parce que leur état et leur condition de vie contredisent objectivement l’union d’amour entre le Christ et l’Église, qui est signifiée et mise en œuvre dans l’Eucharistie. Toutefois, les divorcés remariés, malgré leur situation, continuent d’appartenir à l’Église, qui les suit avec une attention spéciale, désirant qu’ils développent, autant que possible, un style de vie chrétien, par la participation à la Messe, mais sans recevoir la Communion, par l’écoute de la Parole de Dieu, par l’adoration eucharistique et la prière, par la participation à la vie de la communauté, par le dialogue confiant avec un prêtre ou un guide spirituel, par le dévouement à la charité vécue et les œuvres de pénitence, par l’engagement dans l’éducation de leurs enfants. »

 

Ce qu’il est indispensable de rappeler aussi, c’est que le sacrement du mariage n’est pas une simple convention humaine, qui serait maintenue par des fidélités humaines et détruite par des trahisons humaines, mais une alliance surnaturelle dans laquelle Dieu Lui-même s’engage définitivement. Une nouvelle union contractée en-dehors d’un mariage valide est une infidélité envers Dieu qui s’est engagé définitivement dans le sacrement, quelle que soit l’attitude du conjoint. Avec une approche « au cas par cas » qui se fonde sur la diversité des situations humaines, c’est la place de Dieu dans le mariage qui est complètement mise de côté, car Dieu, Lui, reste toujours fidèle à l’alliance, et demande une réponse de fidélité.

 

« La foi catholique » ou « Le Dumeige »

  • ISBN : 9782703110682
  • Titre : La foi catholique
  • Auteur : DUMEIGE (Gervais)
  • Editeur : ORANTE
  • Nb Pages : 560
  • Présentation : Broché
  • Epaisseur : 29
  • Largeur : 140
  • Hauteur : 190
  • Poids : 0.70Kg

Sommaire de l’ouvrage

Introduction (VII)

Avertissement (XVI)

Sigles (XVI)

I. Symboles et professions de foi (1)

II. La connaissance religieuse et la Révélation (31)

III. La Tradition et l’Écriture (69)

IV. Le mystère du Dieu Trinité (111)

V. La Création (125)

VI. Justice et péché originels (159)

VII. Jésus-Christ, Fils de Dieu, Sauveur (177)

VIII. Marie (221)

IX. L’Église (237)

X. La grâce (325)

XI. Les sacrements (369)

XII. Les fins dernières de l’homme (503)

Table chronologique des documents (519)

Table des références bibliques (524)

Concordance entre l’ « Enchidrion symbolorum » et « La foi catholique » (529)

Liste des premiers numéros de « La foi catholique » modifiés ou supprimés dans l’édition de 1969 et les éditions ultérieures  (535)

Index analytique et onomastique (index alphabétique) (537)

Table des matières (547)

> Chiré – DPF : « La foi catholique »

> Fnac : « La foi catholique »

> Amazon : « La foi catholique »

TV Libertés : Mgr Schneider s’exprime sur Amoris Laetitia et sur les « dubia » des quatre cardinaux

La chaîne de télévision indépendante en ligne TV Libertés a reçu sur son plateau Monseigneur Athanasius Schneider, évêque auxiliaire d’Astana, qui s’est exprimé en français sur la réception controversée et sur les interprétations de l’exhortation Amoris Laetitia. Ses propos sont frappants de cohérence et de fidélité à l’Évangile et à la foi catholique. Son intervention démontre une fois de plus la fidélité de Mgr Schneider à sa mission d’évêque.

« Prêche la parole à temps et à contre-temps » (2 Tim 4, 2)