Amoris Laetitia : les questions de quatre cardinaux au Pape rendues publiques

ROME, le 14 novembre 2016 – La lettre et les cinq questions dont le texte est donné intégralement ci-dessous n’ont pas besoin de beaucoup d’explications. Il suffit de les lire. La nouveauté est que quatre cardinaux qui, le 19 septembre dernier, les ont remises à François, qui ne leur a pas répondu, ont décidé, encouragés précisément par ce silence du pape, de les rendre publiques afin de « continuer la réflexion et la discussion » avec « tout le peuple de Dieu ».

C’est ce qu’ils expliquent dans le texte préliminaire qui précède leur lettre. Celui-ci fait penser immédiatement à l’évangile de Matthieu 18, 16-17 : « Si ton frère ne t’écoute pas, prends encore avec toi ou deux ou trois témoins. S’il refuse de les écouter, dis-le à la communauté ».

Le « témoin », dans le cas présent, a été le cardinal Gerhard L. Müller, préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi. Parce que la lettre et les questions adressées au pape lui ont également été envoyées.

Les cinq questions étaient en effet formulées sous la même forme que les interrogations classiques qui sont adressées à la congrégation pour la doctrine de la foi. C’est-à-dire qu’elles étaient formulées de manière à ce qu’il soit possible d’y répondre simplement par « oui » ou par « non ».

En général, les réponses qui sont fournies par la congrégation mentionnent de manière explicite l’approbation que leur a donnée le pape. Et il n’est pas douteux que, après avoir reçu la lettre et les questions, les deux hommes en aient parlé à l’occasion des audiences que François accorde, de manière régulière, au cardinal préfet.

Mais, justement, les quatre cardinaux n’ont reçu aucune réponse à leur appel, ni de la part du cardinal Müller ni de celle du pape, évidemment parce que ce dernier a voulu qu’il en soit ainsi.

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Evénement considérable : parmi les cardinaux qui ont fait part au Pape François de leur incompréhension d’Amoris lætitia, quatre ont aujourd’hui décidé de rendre publiques les questions qu’ils lui ont posées formellement et auxquelles il leur a fait savoir qu’il ne répondrait pas.

On sait que l’exhortation post-synodale sur la famille a causé la plus importante commotion ecclésiale ayant ébranlé l’Eglise depuis le dernier concile, son chapitre VIII, selon le sens apparent des mots, exposant que, dans certains cas de « remariages » après divorce, les actes qualifiés de fornication et l’adultère pouvaient n’être pas des péchés graves, ou même être considérés comme répondant à la volonté de Dieu.

Innombrables ont été les réactions dans le monde ecclésiastique (voir par exemple notre article : « Quelle est la critique exacte de 45 théologiens envers Amoris Laetitia ? ». Tous cependant gardaient les yeux fixés sur les cardinaux qui avaient clairement manifesté leur opposition préalable à cette mise en question de la doctrine du mariage – et par voie de conséquence de la pénitence et de l’eucharistie – à l’occasion des deux derniers synodes : Caffarra, Cordes, Eijk, Ruini, Sarah, Urosa Savino, Cleemis, Duka, Meisner, Pell, Rouco Valera, Burke, Brandmüller, etc. Ces cardinaux qui signèrent Demeurer dans la vérité du Christ (Artège, 2014), ceux qui collaborèrent à Mariage et famille (Artège, 2015), les cardinaux et évêques d’Afrique co-auteurs de L’Afrique, nouvelle patrie du Christ (Ignatius Press, 2015), Onaiyekan, Ouedraogo, Souraphiel, Tumi, Sarr, Kleda, Kutwa, Arinze, mais aussi le cardinal Antonelli, ancien Président du Conseil pour la Famille, dans Crisi del matrimonio ed eucaristia, et d’autres encore dans des prises de position et interventions diverses.

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Le Cardinal Carlo Caffara, fondateur et premier président de l’Institut pontifical Jean-Paul II pour les études sur le mariage et la famille, créé à l’instigation du pape du même nom, est également signataire de la « Déclaration de fidélité à l’enseignement immuable de l’Église et à sa discipline ininterrompue sur le mariage« .

Lire aussi :

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> Précisions sur les critères d’interprétation d’“Amoris laetitia” favorables à la communion de certains divorcés remariés

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