Question à un prêtre : recourir au contrôle des naissances pour retarder l’arrivée d’un enfant rendrait-il le mariage nul ?

Par l’abbé John Zuhlsdorf, traduit de l’anglais par Espérance Nouvelle.

D’un lecteur…

QUAERITUR:

L’usage du contrôle des naissances afin de retarder pour un temps la conception d’un enfant invaliderait-il le mariage ? De même, l’intention de divorcer si l’époux commettait l’adultère invaliderait-il le mariage ?

Deux questions… Normalement, je ne réponds pas aux doubles questions, mais je vais faire une exception.

L’usage du contrôle artificiel des naissances – même pour un temps – serait gravement peccamineux. Cela donnerait lieu à des questions légitimes sur les intentions des parties concernant le mariage : sont-ils réellement déterminés à vivre leur union pour TOUTE la vie, s’ils choisissent de refuser cette activité naturelle ? S’ils utilisent une méthode de contrôle de natalité qui constitue une barrière, sont-ils réellement déterminés à vivre ensemble l’intimité humaine ? S’ils utilisent des méthodes abortives, comment comprennent-ils le bien du conjoint ? Ont-ils entraîné leur conjoint au péché, ou coopèrent-ils volontairement à l’intention peccamineuse du conjoint ?

L’utilisation de contraception artificielle, tout en constituant un péché, n’invaliderait pas automatiquement le consentement matrimonial par elle-même. Elle donnerait lieu à de sérieuses questions.

Le mariage doit être ouvert à la vie. […] Les époux peuvent, de commun accord, utiliser des moyens naturels afin d’éviter pour un temps la naissance d’un enfant, pour des raisons [graves et] légitimes [cf. Humanae Vitae n°10, NdEspN]. […]

L’abbé Zuhlsdorf donne deux exemples de motifs pour lesquels des époux pourraient envisager de retarder une naissance. Il écrit que des parents qui viennent d’avoir un enfant qui a des besoins très spéciaux peuvent vouloir attendre un peu avant de lui donner un frère ou une sœur. L’exemple d’un long séjour d’études à l’étranger est plus contestable. En effet, ce sont la mission et l’obligation reçues par le mariage de coopérer au don de la vie qui doivent être prises en compte dans la décision d’entamer un cycle d’études (si l’on est marié) ou dans celle de se marier (si l’on est étudiant), plutôt que l’inverse. C’est l’une des raisons pour lesquelles le mariage est couramment déconseillé ou interdit aux étudiants. Il y a une différence fondamentale entre les deux exemples. Faire des études découle en général d’une décision humaine prise par les intéressés ou par les personnes qui ont autorité sur eux. Ce n’est pas le cas des besoins très spéciaux d’un premier enfant. Le prêtre poursuit sa réponse :

J’avertis les époux contre la conception erronée selon laquelle, après s’être mariés, ils devraient attendre quelques années avant d’avoir des enfants, afin de pouvoir « avoir un peu de temps pour apprendre simplement à se connaître ». Cette attitude peut facilement dériver en égoïsme. Pensez-y. Voici une paire de scénarios. […]

À travers un exemple constitué de deux scénarios contrastés, l’abbé Zuhlsdorf illustre le fait que l’absence d’enfant constitue une fragilité ou un danger pour la stabilité du mariage. Si elle est volontaire, l’ennemi des âmes s’y engouffre facilement pour diviser les époux. Mais l’absence d’enfants pouvant être involontaire pour toutes sortes de raisons (y compris extérieures), il est évident que la plus élémentaire discrétion requiert de ne pas interroger les époux concernés et de ne pas leur faire de remarque. Le prêtre répond à la question sur l’intention de divorcer en cas d’adultère :

En ce qui concerne la seconde partie de la question, pour les catholiques de l’Église latine, le mariage est invalide si au moins l’un des époux se marie en posant une condition sur le futur (par exemple : « Je t’épouse à condition que tu deviennes le Roi d’Angleterre », ou « Je t’épouse à condition que tu arrêtes de fumer », ou « Je t’épouse à condition que tu me restes fidèle »). L’on doit certainement attendre certaines choses de la part de son conjoint, et l’une de ces choses doit être la fidélité, n’est-ce pas ? Mais il y a une différence catégorique entre un consentement conditionnel (« Si tu me trompes, cela rend notre mariage nul et je suis par conséquent libre d’épouser quelqu’un d’autre ») et des exigences légitimes (« Si jamais tu me trompes, je déménage et je pourrais même penser au divorce »).

En considérant des situations spécifiques, plutôt que simplement des hypothèses, il vaut mieux confier ces questions aux autorités de l’Église légitimement mandatées, au tribunal diocésain. Ces personnes sont compétentes pour rendre un verdict. Elles sont qualifiées pour examiner les détails nécessaires et les circonstances contingentes.

Les diagnostics de fauteuil sur des situations concrètes – en particulier par des laïcs non qualifiés – sans avoir tous les faits et les témoignages à portée de main est généralement inutile.

Image : Edmund Blair LeightonSigning the Register. Domaine public.

6 juillet, l’Eglise fête Sainte Maria Goretti, martyre de la pureté

MESSAGE DU PAPE JEAN PAUL II
À L’ÉVÊQUE D’ALBANO
À L’OCCASION DU CENTENAIRE DE LA MORT
DE SAINTE MARIA GORETTI


A mon Vénéré frère Mgr Agostino VALLINI
Evêque d’Albano

St JP II - reliques Ste Maria Goretti.jpg1. Il y a cent ans, le 6 juillet 1902, à l’hôpital de Nettuno, mourait Maria Goretti, sauvagement poignardée le jour précédent dans le petit village de Le Ferriere, dans l’Agro Pontino. En raison de son histoire spirituelle, de la force de sa foi, de sa capacité à pardonner son bourreau, elle figure parmi les saintes les plus aimées du XXème siècle. C’est donc de façon opportune que la Congrégation de la Passion de Jésus-Christ, à laquelle est confié le soin du Sanctuaire  dans  lequel  repose la dépouille mortelle de la sainte, a voulu célébrer cet événement avec une solennité particulière. […]

2. Maria Goretti, née à Corinaldo, dans les Marches, le 16 octobre 1890, dut très tôt prendre la route de Photograph_of_Saint_Maria_Goretti,_1902.jpgl’émigration avec sa famille, arrivant, après plusieurs étapes, à Le Ferriere di Conca, dans l’Agro Pontino. Malgré les problèmes liés à la pauvreté, qui ne lui permirent pas d’aller à l’école, la petite Marie vivait dans un milieu familial serein et uni, animé par la foi chrétienne, où les enfants se sentaient accueillis comme un don et étaient éduqués par  leurs  parents  au respect d’eux-mêmes et des autres, ainsi qu’au sens du devoir accompli par amour de Dieu. Cela permit à la petite fille de grandir de façon sereine en nourrissant en elle une foi simple, mais profonde. L’Eglise a toujours reconnu à la famille le rôle primordial et fondamental de lieu de sanctification pour ceux qui en font partie, à commencer par les enfants.

Dans ce contexte familial, Marie acquit une solide confiance dans l’amour providentiel de Dieu, une confiance qui s’est manifestée en particulier au moment de la mort de son père, frappé par la malaria. « Maman, ne perds pas courage, Dieu nous aidera« , disait la petite fille dans ces moments difficiles, réagissant avec force au profond vide laissé en elle par la mort de son père.

cd2bc7c1e3ee1c8986f6a38d850f56b1.jpg3. […] Quel exemple lumineux pour la jeunesse! La mentalité privée d’engagements, qui envahit une grande partie de la société et de la culture de notre temps, a parfois du mal à comprendre la beauté et la valeur de la chasteté. Il ressort du comportement de cette jeune sainte une perception élevée et noble de sa propre dignité et de celle d’autrui, qui se reflétait dans les choix quotidiens, en leur conférant pleinement leur sens humain. N’y a-t-il pas en tout cela une leçon d’une grande actualité? Face à une culture qui accorde trop d’importance à l’aspect physique de la relation entre homme et femme, l’Eglise continue à défendre et à promouvoir la valeur de la sexualité comme un élément qui touche chaque aspect de la personne et qui doit donc être vécu selon une attitude intérieure de liberté et de respect réciproque, à la lumière du dessein originel de Dieu. Dans cette perspective, la personne se découvre être à la fois la destinataire d’un don et appelée à devenir, à son tour, un don pour l’autre.

Dans la Lettre apostolique Novo millennio ineunte, j’observai que « dans la vision chrétienne du mariage, la relation entre un homme et une femme – relation réciproque et totale, unique et indissoluble – répond au dessein originel de Dieu, qui s’est obscurci dans l’histoire par la « dureté du coeur », mais que le Christ est venu restaurer dans sa splendeur originelle, en révélant ce que Dieu a voulu « depuis le commencement » (Mt 19, 8). Dans le mariage, élevé à la dignité de sacrement, est aussi exprimé le « grand mystère » de l’amour sponsal du Christ pour son Eglise (cf. Ep 5, 32) » (n. 47).

Il est indéniable que l’unité et la stabilité de la famille humaine doivent aujourd’hui faire face à de nombreuses menaces. Mais, heureusement, à côté de celles-ci, on constate une conscience renouvelée des droits des enfants à être élevés dans l’amour, protégés de tous les types de dangers et formés de façon à pouvoir, à leur tour, affronter la vie avec force et confiance.

[…]

Du Vatican, le 6 juillet 2002

« Regardez-la, surtout vous les adolescents, vous les jeunes. Soyez, comme elle,

capables de défendre la pureté du cœur et du corps ; efforcez-vous de lutter contre le mal

et le péché, en alimentant votre communion avec le Seigneur par la prière, l’exercice quotidien

de la mortification et la scrupuleuse observance des commandements. N’ayez pas peur d’aller

à contre-courant, de rejeter les idoles du monde, lorsqu’il s’agit de témoigner par une

conduite courageuse, de l’adhésion au Christ chaste et pauvre.

Sachez toujours valoriser et aimer la pureté et la virginité. »

 

Saint Jean-Paul II, le 29 septembre 1991

 « Elle est le fruit mûr d’une famille où l’on a prié tous les jours, où les enfants furent élevés dans la crainte du Seigneur, l’obéissance aux parents, la sincérité et la pudeur, où ils furent habitués à se contenter de peu, toujours disposés à aider aux travaux des champs et à la maison, où les conditions naturelles de vie et l’atmosphère religieuse qui les entouraient les aidaient puissamment à s’unir à Dieu et à croître en vertu. Elle n’était ni ignorante, ni insensible, ni froide, mais elle avait la force d’âme des vierges et des martyrs, cette force d’âme qui est à la fois la protection et le fruit de la virginité. »

Pie XII, le 24 avril 1950

> Vie de Sainte Maria Goretti

Les communautés plus traditionnelles font exception à la grande pénurie de prêtres en France

Par Floris de Bonneville, journaliste et ancien directeur des rédactions de l’Agence Gamma.

L’Église catholique est en crise. Pas partout puisqu’en un an le nombre de catholiques a augmenté de 1,5 % dans le monde. Mais en Europe où nombre d’églises sont désacralisées, et particulièrement en France où les prêtres se font rares dans les paroisses. Mgr Bernard Podvin, ancien porte-parole de la Conférence des évêques de France, avait déclaré devant les caméras de KTO à Noël 2014 : « On manque de vocations… Quand on ordonne cent prêtres par an et qu’il en meurt 800 par an pour le territoire français, c’est évident. Le déficit est là et il est criant. » […]

En 20 ans, les 29.000 prêtres diocésains et religieux qui officiaient en France en 1995 sont aujourd’hui passés à 13.000. En 1970, il étaient près de 50.000 ! Sans parler de la France de 1789 qui comptait 110.000 prêtres pour une population de moins de 12 millions d’habitants. Les séminaires et les presbytères étaient alors aussi pleins que les églises.

Deux exemples. La Lozère compte 35 prêtres en activité dont cinq de moins de 60 ans. La Creuse (diocèse de Limoges) : sept prêtres actifs (11 en tout) pour six paroisses. En 2020, prédit Louis-Benoît Greffe, ce seront probablement des déserts religieux.

Il y a quand même quelques embellies. Oh, très modestes ! Le diocèse de Vannes a ordonné cette année sept prêtres, son record depuis 1968 ! À Paris, 11 prêtres. Mais ce qui est notable, c’est le succès, si l’on peut dire, des communautés traditionalistes […]. Les prêtres issus des Fraternités Saint-Pie X, Saint-Pierre, des Instituts du Bon Pasteur ou du Christ-Roi Souverain Prêtre, de St-Martin et autres qui portent soutane et sont fidèles à la langue latine et au rite tridentin, représentent désormais 15 % du clergé. Et leurs séminaires font le plein. Il semblerait que les jeunes sont attirés par la liturgie et l’authenticité de l’enseignement de l’Église de toujours. On doit également noter le succès auprès des jeunes des communautés comme celle de Saint-Jean dont les « petits-gris » réussissent à remplir leurs offices de jeunes. Ils sont 500 frères dont 280 prêtres, et si leur missel n’est pas en latin, leur liturgie et leurs homélies ont vocation à attirer les jeunes. […] Pourquoi ne pas prendre l’exemple de Mgr. Rey, évêque de Fréjus-Toulon, dont le séminaire compte 50 jeunes gens ? […]

Source : Boulevard Voltaire – 800 prêtres meurent chaque année en France pour 100 ordinations !
Photo : John Cosmas

Révolution française: un ouvrage sur la déportation des Basques

6a00d83451619c69e201b7c87791e9970bIl n’y a pas que la Vendée qui a souffert de populicide (terme utilisé par le révolutionnaire Gracchus Babeuf dans son pamphlet « Du système de dépopulation… ») sous la Révolution. Peu d’ouvrages ont été consacrés à la déportation des Basques du Labourd et des confins bas-navarrais en ce tragique mois de février 1794. Des archives disparues dans des incendies ou des traces effacées intentionnellement n’ont laissé subsister que des mémoires conservées dans certaines familles et des inscriptions recueillies au XIXe siècle par quelques chercheurs courageux sur les tombes dans les cimetières encore intacts jalonnant le chemin de croix des déportés.

Par un froid intense, leur long cortège s’étira jusque des contrées éloignées – au Cantal et en Lauraguais – accompagné de charrettes où l’on avait jeté pêle-mêle ceux qui ne pouvaient marcher par eux-mêmes : vieillards, femmes en train d’accoucher, enfants en bas-âge et grabataires. Soumis à des travaux forcés, publics ou chez les particuliers, les rares survivants ne furent autorisés à rentrer au Pays Basque que huit mois plus tard, pour trouver leurs maisons dévastées, pillées et brûlées, la terre en friche ou les récoltes volées, les bourgs vidés de leur population. La ruine était totale. Elle provoqua un appauvrissement dans le pays, cause d’émigration de générations de jeunes basques, une décadence de l’esprit civique et, partant, une atonie dans la vie politique au XIXe siècle.

Alexandre de la cerda tente de réparer cette injustice en publiant un ouvrage intitulé « La déportation des Basques sous la Terreur« . Homme de Lettres et journaliste, membre de l’Académie des Jeux Floraux, lauréat de l’Académie française, du Prix « Renaissance des Arts », du Prix d’Honneur de la culture basque décerné par la Ville de Bayonne et la Société d’Études basques « Eusko Ikaskuntza » ainsi que du Prix Biltzar des écrivains du Pays Basque, Alexandre de La Cerda a créé la première station régionale basque et gasconne « Radio Adour Navarre ».  Directeur de la rédaction  de « La Semaine du Pays Basque » et collaborateur de France Bleu Pays Basque (Radio France), il est l’auteur de nombreux ouvrages consacrés à l’histoire et à la culture de la région.

Source: Le Salon Beige – « La déportation des Basques sous la Terreur »

Remise des diplômes d’HEC Paris: le discours d’Emmanuel Faber

> Famille chrétienne : Le discours poignant du DG de Danone aux jeunes diplômés d’HEC (avec commentaire critiques par des internautes)

« Emmanuel Faber a prononcé un discours émouvant devant les étudiants de HEC, la prestigieuse école de commerce parisienne, le 24 juin dernier. »

> Le Figaro : Le poignant discours du patron de Danone, qui prône «la justice sociale»

Jean Sévillia : « Si, l’Europe est chrétienne! »

Par  
Source :  (Édition du vendredi 13 mai 2016)

« Je ne crois pas aux racines chrétiennes de l’Europe. » C’est Pierre Moscovici, commissaire européen aux Affaires économiques et financières, qui a lancé cette phrase, le 8 mai 2016,  alors qu’il débattait sur BFM avec Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France. La discussion entre l’ancien ministre socialiste et le député souverainiste ayant abordé l’élection à la mairie de Londres  du travailliste Sadiq Khan, fils d’immigrés musulmans du Pakistan, Moscovici a fait profession de foi de multiculturalisme en précisant : « L’Europe n’est pas chrétienne, l’Europe est diverse. » Pour ce qui est d’aujourd’hui, on pourrait lui objecter que, en dépit des mouvements migratoires qui ont en effet diversifié le paysage religieux, toutes les enquêtes prouvent que le christianisme demeure  la religion de référence de la grande majorité des Européens, même quand la pratique  a connu un recul chez les catholiques comme chez les protestants. Ce n’est toutefois qu’une partie de la question. Nier les racines chrétiennes du Vieux Continent, c’est ignorer l’évangélisation  de l’Europe aux premiers siècles de notre ère, c’est oublier Clovis, Charlemagne et Saint Louis, c’est ne pas voir les cathédrales, n’avoir jamais lu Pascal ou méconnaître les cantates de Bach, ou encore mépriser la piété populaire de générations d’Européens. L’héritage chrétien, en Europe, imprègne la conception de l’homme, la pensée politique, la philosophie, les modes de vie,  la littérature et les arts. Que Pierre Moscovici croie ou non aux racines chrétiennes de l’Europe, celles-ci existent. Vouloir réécrire l’histoire, c’est un projet totalitaire.

Jean Sévillia