Homélie de Saint Jean Chrysostome sur la « Grande Semaine » (I)

Avertissement – On ne saurait établir ni la date de cette homélie, ni le lieu où elle fut prononcée. Ce qui ressort de l’homélie même, c’est qu’elle fut donnée au moment où cesse le jeûne, au grand jour de la grande semaine, que nous appelons aujourd’hui la semaine sainte. Outre les développements indiqués par le titre même de l’homélie, on remarquera, sur cette pensée, comment notre corps est une lyre harmonieuse qui bénit et glorifie le Seigneur; sur l’efficacité du jeûne et de la prière, sur la nécessité, le devoir de bénir Dieu, en tout temps et pour toutes choses, des accents pathétiques, entraînants, dignes de saint Jean Chrysostome.

el niño divino1. Nous avons achevé la navigation du jeûne et nous voici, par la grâce de Dieu, arrivés au port. Mais ne nous négligeons pas, parce que nous sommes arrivés au port; au contraire redoublons de zèle, parce que nous avons atteint le terme du voyage. Ainsi font les pilotes; au moment de faire entrer dans le port un vaisseau chargé de blé et d’un poids énorme de marchandises, ils sont inquiets, ils prennent mille soins pour empêcher que le navire, après avoir traversé de si vastes mers, ne se brise contre un écueil, et ne sombre avec toutes les marchandises. Voilà les inquiétudes, les craintes que nous devons ressentir, nous aussi; au terme de la traversée gardons-nous de perdre le prix de nos fatigues. Voilà pourquoi nous devons redoubler de zèle. Ainsi font les coureurs encore : quand ils se voient arrivés au moment de recevoir leurs prix, c’est alors qu’ils redoublent de vitesse. Ainsi font les athlètes encore ; après les luttes et des victoires sans nombre, quand ils touchent au moment des couronnes, c’est alors qu’ils se dressent plus vivement, qu’ils font de plus généreux efforts. Faisons donc de même, nous aussi, maintenant. En effet, ce qu’est le port pour les pilotes, le prix, pour les coureurs, la couronne, pour les athlètes, la semaine où nous sommes est tout cela pour nous. C’est la source de nos biens, et il s’agit maintenant de se disputer les couronnes; et voilà pourquoi la présente semaine s’appelle la Grande Semaine. Ce n’est pas que les jours y soient plus longs que dans les autres; d’autres semaines, en effet, ont des jours plus longs. Ce n’est pas que les jours y soient plus nombreux; car, dans toutes les semaines, le nombre des jours est le même; mais c’est que, dans cette semaine, Dieu a fait des choses particulièrement glorieuses, c’est dans cette Grande Semaine que la longue tyrannie du démon a été brisée, que la mort a été éteinte, que celui qui était fort, a été enchaîné; ses vases ont été pillés; le péché enlevé; la malédiction effacée; le paradis s’est ouvert; le ciel est devenu accessible, les hommes se sont mêlés aux anges; le mur qui séparait (330) tout; a disparu; le voile a été enlevé; le Dieu de paix a étendu la paix dans le ciel et sur la terre. Aussi l’appelle-t-on la Grande Semaine, et, de même qu’elle est la première des autres semaines, de même le grand jour du sabbat est le premier de ces jours, et ce que la tête est pour le corps, le sabbat l’est pour cette semaine. Aussi, dans cette semaine, un grand nombre de personnes montre un zèle plus ardent; les unes ajoutent à l’austérité de leur jeûne ; les autres prolongent leurs veilles sacrées ; d’autres font des aumônes plus abondantes, et le zèle qu’elles montrent pour les bonnes œuvres, et leur application à la piété, attestent la grandeur du bienfait que Dieu nous a accordé. De même qu’au jour où. le Seigneur ressuscita Lazare, tous les habitants tic Jérusalem coururent au-devant de lui, et leur grand nombre attestait qu’il avait ressuscité un mort ( car l’empressement de tous ceux qui accouraient, était une preuve du miracle) ; de même, aujourd’hui, le zèle que fait éclater cette Grande Semaine, est un témoignage, une démonstration des grandes choses qui s’y sont opérées. Et en effet, nous ne sortons pas d’une seule cité, nous qui courons aujourd’hui au-devant du Christ . ce n’est pas la seule Jérusalem, c’est la terre entière qui envoie au-devant de Jésus ses églises, riches de peuples qui ne tiennent pas, qui ne secouent pas dans leurs mains des rameaux de palmier, mais qui portent l’aumône, l’humanité, la vertu, le jeûne, les larmes, les prières, les veilles, toutes les fleurs de la piété, pour les offrir à Notre-Seigneur, au Christ.
Et nous ne sommes pas les seuls à vénérer cette semaine; les empereurs, qui commandent à notre terre, l’honorent aussi d’une manière toute spéciale, et ils décrètent la suspension de toutes les affaires publiques dans les cités, afin que, libres de soins, tous les chrétiens Honorent ces jours d’un culte spirituel. Voilà pourquoi ils ont fermé les portes des tribunaux. Trêve, disent-ils, à tous les procès, querelles, contentions, supplices ; que les mains des bourreaux se reposent un peu. Les merveilles du Seigneur sont pour tous; faisons aussi, nous, les esclaves du Seigneur, quelque bien qui s’étende; à tous. Et ce n’est pas seulement ce zèle; cet hommage qui témoigne de leur vénération et de leur respect; ils en donnent une autre preuve, non moins considérable ; des lettres impériales sont envoyées pour ordonner de délier, dans les prisons, les chaînes des détenus. De même que Notre-Seigneur, descendu aux enfers, a délivré tous ceux qui étaient au pouvoir de la mort, de même les serviteurs de Dieu, faisant ce qui est en leur pouvoir, imitent la bonté du Seigneur, et délivrent des chaires sensibles, s’ils ne peuvent pas faire tomber les chaînes spirituelles.

2. Et nous aussi, nous vénérons cette Semaine; et moi, sorti avec vous, portant en guise de rameau la parole qui nous instruit, j’ai déposé mes deux petites pièces de monnaie, à l’exemple de la veuve de l’Evangile (Luc, XXI, 2.) « Ils sortirent alors, portant des branches  d’arbres et ils criaient: Hosanna au plus haut des cieux, béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! » (Matth. XXI, 9.) Sortons donc, nous aussi, et, au lieu de branches d’arbres, montrons les dispositions d’une âme en fleurs, et crions ce que nous avons chanté aujourd’hui : « O mon âme, louez le Seigneur! je louerai le Seigneur pendant ma vie. » (Ps. CXLV, 2.) C’est David qui prononce la première parole, et celle qui suit est également de lui; je me trompe, ni l’une ni l’autre ne sont de David, niais l’une et l’autre appartiennent à la divine grâce. C’est le Prophète qui a parlé; mais ce qui a fait parler la langue du Prophète, c’est l’Esprit consolateur. Aussi, dit le Psalmiste, « ma langue est la plume de l’écrivain, qui écrit très-vite. » (Ps, XLIV, 2.) De même que la plume n’écrit pas de son propre mouvement, mais par la vertu de la. main qui la fait mouvoir; ainsi la langue des prophètes ne parlait pas d’elle-même, mais parla grâce de Dieu. Maintenant, pourquoi le Psalmiste n’a-t-il pas dit seulement: Ma langue est la plume d’un écrivain, mais: « La plume de l’écrivain, qui écrit très-vite ? » C’est pour vous apprendre que la sagesse est chose spirituelle; de là sa facilité, sa rapidité. En effet, quand les hommes parlent d’eux- mêmes,. ils composent, ils délibèrent, ils hésitent,, ils emploient beaucoup de temps; le Prophète, au contraire, sentait les parons jaillir pour lui comme d’une source; il n’éprouvait aucun obstacle; les pensées coulant à flots surpassaient la rapidité de sa langue; de là ce qu’il dit : « Ma langue est la plume de l’écrivain, qui écrit très-vite. » Ce sont comme des flots dont ma langue est inondée; de là, la vitesse, la rapidité. Nous n’avons besoin, nous, ni de réflexions, ni de méditation, ni de travail.
Mais voyons ce que signifie, « O mon âme, louez le Seigneur! » Chantons, nous aussi, avec David, ces paroles en ce jour; si le corps de David n’est pas présent au milieu de nous, son esprit est présent. Voulez-vous la preuve que les justes sont présents au milieu de nous, qu’ils chantent avec nous ? Ecoutez la réponse d’Abraham au riche. En effet, « celui ci lui disait: envoyez-moi Lazare, afin que mes frères, apprenant ce qui se passe dans l’enfer, se corrigent. Abraham lui répond : ils ont Moïse et les prophètes. » (Luc, XVI, 24, 28, 29.) Or, il y avait longtemps que Moïse et les prophètes étaient morts, quant à leurs corps; mais, par leurs écrits, ils se trouvaient au milieu des Juifs. Si l’image inanimée d’un fils ou d’un ami vous fait croire à la présence de celui qui n’est plus, si cette image inanimée vous le montre, à bien plus forte raison, jouissons-nous, par les saintes Ecritures, du commerce des Saints; nous n’avons pas leurs û)i lis, mais nous avons les images de leurs âmes; les paroles dites par eux, sont les images de leurs âmes. Voulez-vous la preuve que les justes sont vivants et présents? On ne prend jamais les morts à témoin. Eh bien ! le Christ les a pris à témoin de sa divinité, et particulièrement David, afin de vous apprendre que David est vivant. Les Juifs doutaient de la divinité du Christ: il leur dit: « Que vous semble du Christ? De qui est-il fils ? Ils lui répondent: De David. Et comment donc, » leur dit-il, « David l’appelle-t-il, en esprit, son Seigneur par ces paroles: Le Seigneur a dit à mon Seigneur: Asseyez-vous à ma droite? » (Matth. XXII, 42, 44; Ps. CIX, 1.) Comprenez-vous que David est vivant? S’il n’était pas vivant, Jésus-Christ ne l’aurait pas pris comme témoin de sa divinité. Jésus-Christ ne dit pas : Et comment donc David l’a-t-il appelé en esprit son Seigneur? Mais. « l’appelle-t-il son Seigneur? » pour montrer qu’il est encore présent, et qu’il parle par ses écrits. Il chantait autrefois ses psaumes ; chantons avec David aujourd’hui; David avait une cithare, faite de cordes inanimées; l’Eglise a une cithare, faite de cordes vivantes; nos langues sont les cordes de la cithare, elles font entendre avec la diversité des sons, l’harmonie de la piété; les femmes, les hommes, les vieillards, les jeunes gens se distinguent par l’âge; mais non par le chant des hymnes ; l’Esprit-Saint, modifiant chaque voix une à une, ne compose, de toutes les voix, qu’une seule mélodie, ce qu’a exprimé David lui-même, en appelant tous les âges, les deux sexes à ce concert. « Que tout esprit loue le Seigneur; ô mon âme, louez le Seigneur. » Pourquoi a-t-il oublié la chair? pourquoi ne s’adresse-t-il pas du tout au corps ? A-t-il fait deux parts de l’être vivant ? Nullement; mais il excite d’abord l’artiste. Ce qui prouve qu’il n’a pas fait deux parts, l’une du corps, l’autre de l’âme, c’est ce qu’il dit, écoutez :  « Mon Dieu, mon Dieu, je veille, et j’aspire vers vous, dès que la lumière paraît; mon âme brûle d’une soif ardente pour vous, et en combien de manières nia chair se sent-elle aussi pressée de cette ardeur! » (LXII, 2.) Mais montrez-moi, me dit-on, que le Psalmiste, convie la chair aussi à faire entendre des hymnes : « Mon âme, bénissez le Seigneur, et que tout ce qui est au-dedans de moi, bénisse son saint nom. » (Ps. CII, 1.) Voyez-vous que la chair aussi prend part au concert? Que signifient ces paroles: « Et que tout ce qui est au dedans de moi, bénisse son saint nom? » Le Psalmiste entend par là les nerfs, les os, les veines, les artères, et toutes les parties à l’intérieur.

sacré coeur enfant jésus3. Mais comment les parties, qui sont dans notre corps, peuvent-elles bénir Dieu ? elles n’ont pas de voix, elles n’ont pas de bouche, elles n’ont pas de langue; l’âme a ce pouvoir, mais les parties, intérieures de notre corps, comment l’auraient-elles ? comment pourraient-elles, sans voix, sans langue, sans bouche, bénir le Seigneur? De la même manière que « les cieux racontent la gloire de Dieu. » (Ps. XVIII, 1.) De même que le ciel n’a ni langue, ni bouche, ni lèvres, mais, par la beauté du spectacle qu’il présente, saisit les spectateurs, des merveilles qu’il étale, et les porte à bénir Celui qui l’a créé ; de même, les parties intérieures de notre corps étonnent la pensée qui considère tant de fonctions diverses, d’opérations, de force, d’harmonie, et toutes les beautés de forme, de position; les lois mathématiques qui gouvernent le tout avec tant d’ensemble, et l’on s’écrie comme le Prophète : « Que vos ouvrages sont magnifiques, ô Seigneur ! vous avez tout fait avec sagesse. » (Ps. CIII, 24.) Voyez-vous comme nos entrailles, sans voix, sans bouche, sans langue, bénissent le Seigneur? Pourquoi donc le Psalmiste s’adresse-t-il à son âme? C’est pour empêcher, pendant que la langue fait entendre des sons, (332) que l’âme ne s’égare, ne se laisse distraire, ce qui nous arrive souvent lorsque nous prions, que nous chantons des hymnes. Le Psalmiste veut le concert de l’âme et du corps. Quand vous priez sans écouter les paroles divines, comment voulez-vous que Dieu écoute votre supplication ? Donc, si le Psalmiste dit : « O mon âme, louez le Seigneur, » c’est pour faire entendre ceci : les supplications doivent partir du dedans de notre être, des profondeurs de notre coeur. C’est ainsi que Paul dit : « Je prierai de coeur, et je prierai aussi avec intelligence. » (I Cor. XIV, 15.) L’âme est un musicien excellent, c’est un artiste; son instrument, c’est le corps qui lui tient lieu de cithare, de flûte et de lyre. Les autres musiciens n’ont pas toujours tous leurs instruments; tantôt ils les prennent, tantôt ils les mettent de côté ; ils ne font pas entendre perpétuellement leur mélodie; et par conséquent, ils n’ont pas toujours leurs instruments entre les mains. Mais Dieu, qui veut t’apprendre que toi , tu dois toujours le glorifier et le bénir, a pris soin de te donner un instrument; d’attacher à ta personne un instrument qui ne te quitte pas. Ce qui prouve qu’il faut le louer toujours, ce sont ces paroles de l’Apôtre : « Priez sans cesse, rendez grâces à Dieu en toutes choses. » (I Thess. V, 17, 18.) Donc, comme il faut le prier sans cesse, sans cesse l’instrument se trouve attaché à l’artiste. « O mon âme, louez le Seigneur; » il n’y avait d’abord qu’une voix qui faisait entendre ces paroles, la voix de David; mais maintenant qu’il est mort, d’innombrables langues répètent ces paroles, non-seulement chez nous, mais par toute la terre. Comprenez-vous bien qu’il n’est pas mort, qu’il est vivant? Comment serait-il mort, celui qui a tant de langues, et qui parle par tant de bouches? En -vérité c’est une grande chose que l’hymne de la louange ; c’est l’âme qui se purifie, c’est la ferveur qui se saisit de nous.
Voulez-vous comprendre l’efficacité des hymnes qui s’élèvent vers Dieu? En chantant des hymnes, les trois jeunes gens ont éteint la fournaise de Babylone; disons mieux, ils ne l’ont pas éteinte, mais ce qui est bien plus merveilleux , ils ont foulé sous leurs pieds, comme si c’était de la boue, la flamme brûlante ; l’hymne faisant son entrée dans la prison de Paul, a fait tomber ses liens , a ouvert les portes de son cachot, a ébranlé les fondations de l’édifice, a rempli le geôlier d’épouvante. « Au milieu de la nuit, » dit l’Ecriture, « Paul et Silas chantaient des hymnes. » (Act. XVI, 25.) Et ensuite, qu’est-il arrivé? Vous le demandez ? Ce qui surpasse toute attente, toute croyance; les liens sont tombés, et ceux qui étaient liés, ont enchaîné ceux qui n’avaient pas de liens. Cependant, à quoi servent les liens ? A tenir fortement enchaîné celui qu’ils serrent, à l’assujettir à ses gardiens. Or, voyez, le geôlier, qui n’était pas enchaîné, est venu se mettre aux pieds de Paul, chargé de liens. Les liens sensibles contiennent celui qui est lié ; les liens du Christ, au contraire, ont la vertu de soumettre ceux qui ne sont pas enchaînés à ceux qui sont chargés de fers. Le geôlier avait jeté les captifs dans l’intérieur de la prison, et ces prisonniers de l’intérieur, ont ouvert les portes du dehors ; le geôlier, avec du bois (Il s’agit ici de l’instrument de torture, nommé cep, qui était en bois et servait à garrotter les prisonniers.), avait fait des entraves à leurs pieds, et ces pieds, chargés d’entraves, ont rendu libres des mains captives. « Enfin, » dit l’Écriture, « le geôlier tomba à ses pieds, saisi de crainte, tremblant, gémissant, tourmenté, versant des larmes. » (Act. XVI, 29.) Que se passe-t-il donc? Ne l’avais-tu pas enchaîné? Ne l’avais-tu pas mis en un lieu dont tu étais sûr? Et pourquoi t’étonner, ô homme, qu’il ait ouvert la porte de la prison, celui qui a reçu la puissance d’ouvrir le ciel? « Tout ce que vous lierez sur la terre, sera lié aussi dans le ciel, et tout ce que vous délierez sur la terre, sera aussi délié dans le ciel. » (Matt. XVIII, 18.) Il a fait tomber les liens des péchés, pourquoi t’étonner qu’il ait fait tomber des liens de fer? Il a fait tomber les liens des démons, il a affranchi les âmes enchaînées par eux, pourquoi t’étonner qu’il ait délivré les prisonniers? Et voyez, le miracle est double : il a délié et il a enchaîné, il a délié les liens et il a enchaîné les cœurs. Les prisonniers ne savaient pas qu’ils étaient déliés ; il a ouvert et il a fermé; il a ouvert les portes de la prison, et il a fermé les yeux des prisonniers, de telle sorte qu’ils ne s’aperçurent pas que les portes étaient ouvertes, et qu’ils n’en profitèrent pas pour prendre la fuite. Avez-vous bien compris ce miracle qui lie et délie, qui ouvre et qui ferme ?

Source : Homélie sur la Grande Semaine

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